À la recherche du Graal, enfin le grand jour pour le Racing ?

Une coupe d’Europe qui commence par la fin, c’est tout le paradoxe de cette saison 2020/2021 qui débute par l’aboutissement de la précédente, reportée à cause de la pandémie mondiale. Ce début d’automne a comme un parfum de printemps européen, avec un choc en finale inédit entre le Racing 92 aguerri aux joutes Européennes et Exeter le nouveau cador anglais qui veut désormais conquérir l’Europe.



Dave Winter/Inpho, Virimi Vakatawa et Zebo célébrant l’essai de la victoire face au Saracens.



Les équipes :


Racing 92 : En forme et enfin prêt pour le grand jour

Les racingmen sont prêts, affichant une forme étincelante, et sûrs de leurs convictions. Ils semblent inarrêtables dans leur course à l’Europe, mis à part leur défaite à domicile avec une équipe très remaniée contre le Stade Toulousain (24-30), les Franciliens sont invaincus depuis la reprise. Mais surtout, ils gagnent avec la manière et un jeu étincelant. À l’image de leur essai exceptionnel qui leur a permis d’arracher la victoire en toute fin de match en demi-finale face au Saracens (19-15).

Maintenant, ils ne leur restent plus qu’à gravir la plus haute des marches, eux qui ont échoué deux fois en 2016 (Saracens) et 2018 (Leinster). À l’époque, ils semblaient encore trop tendres. Mais aujourd’hui, ils n’ont jamais été aussi proches du Graal.

Il faudra tout de même réaliser le match parfait, faire face au pragmatisme, à la défense Anglaise et ne pas se laisser surprendre comme le Stade Toulousain lors de la demi-finale (28-18).


Exeter Chiefs : Un novice qui n’en a pas l’air

L’un des plus vieux clubs d’Angleterre (1871) qui grandit enfin, après avoir stagné dans l’antichambre du rugby anglais pendant 11 ans (1999-2010).

Les Chiefs progressent rapidement, et ont pris énormément d’ampleur au sein du championnat anglais. Depuis 2016, ils ont toujours été en finale du Premiership avec même une victoire en 2017. Le club poursuit cette belle série car, il est aussi qualifié pour la finale du championnat anglais face au Wasps le 24 octobre.



Panoramic, Media 365, les joueurs d’Exeter célébrant face au Stade Toulousain


Les Chiefs présentent un principal point fort qui sera très difficile à percer : leur défense agressive qui a réussi à museler les Toulousains lors de la demi-finale. Mais réduire cette équipe à seulement sa défense serait une hérésie, en effet ils ont aussi de nombreux joueurs capables de faire des différences, ainsi qu’une énorme capacité à être décisifs à chaque incursion dans le camp adverse.

Face à la constellation de star du Racing, Exeter a tout de même des arguments à faire valoir. Avec leurs internationaux anglais Henry Slade (18 sélections) et Jack Nowell (34 sélections) ainsi que la star du XV du Charbon, l’arrière Stuart Hogg (76 sélections) qui est une arme qui apporte le danger partout sur le terrain. Sans oublier le pilier anglais, Harry Williams (18 sélections) auteur d’un doublé lors de la victoire des siens en demi-finale.

Le seul véritable défaut de cette équipe est son inexpérience à ce niveau. Cela peut coûter cher, le parcours de son adversaire l’illustre parfaitement.


Les clés du match :

Pour réussir à bloquer la formidable machinerie anglaise, il faudra que l’équipe francilienne se montre impériale dans le secteur de la conquête et de la défense. Mais surtout, ils devront réussir à conserver le ballon pour apporter de la folie dans le jeu et réussir à déséquilibrer la défense des Chiefs. Là-dessus, les racingmen ont des atouts à jouer avec leur attaque exceptionnelle mais surtout le trio offensif qu’est Vakatawa-Ihmoff-Russell.


Le joueur à suivre : Finn Russell

On aurait pu parler de ses deux compères de l’attaque mais c’est lui le facteur X du racing. Souvent considéré comme un joueur irrégulier, l’international écossais (49 sélections) a enfin pris une nouvelle dimension. Il affiche sûrement la meilleure forme de sa carrière, avec de nouveaux coups d’éclat à chaque match. Avec son jeu très offensif proche des défenseurs, il influe sur tout le jeu du racing, ce qui lui a permis de passer un cap offensivement.

À ce niveau-là, Russell fait partie des meilleurs numéros 10 du monde et il est peut-être même le meilleur actuellement comme le souligne son coéquipier :

« Finn (Russell) est le meilleur 10 au monde actuellement » affirme Henry Chavancy, lors d’une interview pour Rugbyrama.

Avec ses coups d’éclat et ses célèbres coups de pied, il est sans aucun doute le joueur à surveiller de près pour la défense d’Exeter, sous peine d’être puni sévèrement par le joueur écossais.


Federico Pestellini / Panoramic, Finn Russell attaquant la ligne de la victoire face au Saracens en demi-finale.



Pronostic :


Le Racing 92 a su patienter et prendre son temps pour progresser et enfin atteindre le niveau nécessaire pour arracher cette Champions Cup.

Exeter a des arguments à faire valoir, mais doit encore prendre de l’expérience et semble être inferieur face à la constellation de star qu’il y a au sein du club francilien.

Victoire du Racing 92 qui atteint enfin le sommet de l’Europe.

Tao Chardel

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