Ambassadeur rapatrié : de la crise sociale à la crise diplomatique


Jeudi dernier, Emmanuel Macron a pris la décision de rapatrier son ambassadeur français basé en Italie (Christian Masset) à Paris afin de « marquer le coup » et protester contre les attaques à répétition du gouvernement italien depuis les dernières élections de 2018. C’est une première depuis 1945 entre ces deux pays. En tête de ces attaques, le vice premier ministre Luigi Di Maio et le ministre de l’intérieur Matteo Salvini. Dernière en date, celle de Luigi Di Maio qui est venu rendre visite à certains gilets jaunes et a déclaré que « le vent du changement a franchi les Alpes ». Mais pourquoi a-t-il fait cela ?

Son parti (le Mouvement 5 étoiles) a pour habitude de diriger des manifestations contre le pouvoir en place. Il est donc venu apporter plus ou moins officiellement son soutien aux « gilets jaunes ». Dans cette continuité, le Mouvement 5 étoiles est également à la recherche d’alliés européens pour les élections du 26 mai prochain. Il veut ainsi se « montrer » auprès des gilets jaunes qui ont formés une liste. Il souhaite par ailleurs afficher son opposition à Emmanuel Macron sur l’avenir de l’Union Européenne. En effet deux visions bien différentes s’opposent sur la question de l’UE ; d’une part les eurosceptiques (nationalistes) et d’autre part ceux que le président français appelle les « progressistes » et auquel il fait partie.

A-t- il le droit de faire cela ?

Si on se réfère au droit international, aucun pays n’a le droit d’interférer dans les affaires internes d’un pays étranger. Toutefois, est-il possible de considérer que le vice premier ministre italien a réellement effectué une ingérence dans les affaires domestiques françaises ? Pas si sûr, dans la mesure où le mouvement 5 étoiles recherche des alliés européens. Bien que cet argument soit avancé par le Mouvement 5 étoiles, le gouvernement français a décidé de réagir et avec la manière.

Après quelques heures de maintien de leurs positions, le gouvernement italien a fait machine arrière afin d’éviter une escalade de tensions. Mattéo Salvini a même affirmé qu’il ne voulait se « fâcher avec personne, les polémiques ne nous intéressent pas ». Pourtant ce n’est pas la première fois que des tensions apparaissent entre Rome et Paris. Matteo Salvini avait notamment qualifié Emmanuel Macron de « très mauvais président ».

Après cette dernière escalade, le gouvernement d’Edouard Philippe a affirmé : « nous ne recherchons pas l’escalade, nous ne rompons pas le dialogue mais nous disons clairement : on en a marre de ces provocations et de ces ingérences ». C’est à la suite de cela que Christian Masset a été rapatrié sur le territoire français. Cela n’est pas sans conséquences

En théorie cela précède une rupture diplomatique. Toutefois, les relations franco-italiennes sont tellement fortes depuis 1957 que la rupture diplomatique est extrêmement peu probable dans la mesure où les deux pays partagent des valeurs communes ainsi que des intérêts politiques et économiques. Il n’en résulte pas moins que c’est une première depuis la création de l’UE qu’une dispute diplomatique d’une telle envergure intervient entre deux pays membres bien que des antécédents de querelles diplomatiques ont déjà eu lieu entre La Hongrie et les Pays-Bas en 2017 par exemple.

Quelle suite à ce conflit ?

Mattéo Salvini a écrit à son homologue français Christophe Castaner afin de l’inviter à Rome et ainsi sortir de la crise. De plus, une rencontre entre le président du conseil Giuseppe Conte et Emmanuel Macron semble indispensable afin de mettre un terme à la crise.


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