Aux Etats-Unis, gros shutdown pour petit mur

Le 25 janvier dernier s’est achevé le plus long shutdown de l’histoire des Etats-Unis, au terme d’un bras de fer de près de 35 jours entre l’administration républicaine du président Donald Trump et la majorité démocrate de la Chambre des Représentants. L’enjeu principal de ce shutdown – la fermeture temporaire de certains services administratifs le temps de trouver un accord sur le budget en cas de discordance des majorités – était l’allocation d’un budget de 5,7 milliards de dollars à la construction d’un mur à la frontière américano-mexicaine, promesse phare de la campagne de Donald Trump.

Ces négociations ont abouti à un accord provisoire, obtenu après une véritable guerre politique entre Trump et la « speaker » démocrate de la Chambre de Représentants, Nancy Pelosi, permettant la reprise des activités des administrations gelées le temps de trouver un accord définitif.

Or, mardi 12 février dernier, Républicains et Démocrates sont parvenus à un compromis accordant 1,375 milliard au renforcement de la frontière, bien loin des 5,7 initiaux, mais nécessaires pour éviter un nouveau shutdown. Cela devrait permettre de renforcer les installations par la construction d’un nouveau mur sur environ 88 kilomètres, le projet initial rejeté par Trump étant de 110 kilomètres. Dès le lendemain, ce dernier a fait savoir son intention de signer cette « border security bill », ainsi que son mécontentement, en se déclarant « not happy ».

Mais, de manière relativement attendue, le président a décrété, vendredi 15 février dernier une situation d’urgence nationale à la frontière mexicaine, lui permettant de contourner le Congrès et d’allouer la somme de 8 milliards de dollars, provenant des fonds fédéraux, à la construction du mur.

Cependant, l’exceptionnelle durée du shutdown, suivie de la tentative de contourner l’instrument législatif n’ont pas joué en la faveur de la popularité de Trump, dont la décision est désormais contestée par près de 63% des Américains selon un sondage de l’université de Quinnipiac. Il se voit ainsi fortement déstabilisé face à Nancy Pelosi, remarquée pour son franc-parler, devenant une figure majeure de l’opposition à Trump chez les Démocrates. Elle s’est révélée être une redoutable adversaire politique à laquelle il n’était probablement pas préparé.

Donald Trump, le 16 février 2017, par CNN

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