Black Friday, vendredi noir pour la planète et l’humanité


La semaine dernière se tenait le Black Friday, ce jour tant attendu des stressés de la promotion et des bonnes affaires. Officiellement ce n’est qu’un vendredi traditionnel, mais culture américaine oblige, ce vendredi noir s’étend sur plusieurs jours pour le plus grand bonheur des consommateurs et des entreprises. Parce que oui, il faut le dire, tout ça n’est que business et arnaque.

Si vous ne l’aviez pas encore remarqué, les entreprises usent de toutes les stratégies marketing possibles pour attirer le client. La plus connue d’entre elles est le gonflement des prix pour donner l’impression d’avoir créé l’affaire du siècle. Les marques vont proposer des prix marqués bien inférieurs aux prix d’origine alors qu’en réalité, le prix auquel vous payerez votre article est le prix normal, c’est le prix dit d’origine qui a été rajouté pour vous faire croire qu’il y avait des soldes. Le site Quechoisir dénonce ces pratiques depuis de nombreuses années : « le lave-vaisselle vendu par Cdiscount« 319,99 € au lieu de 549 € » coûtait [jeudi] 10 € de plus (329,99 €) ». Le prix de référence est en fait le prix normal. En France, le Black Friday est apparu en 2010, c’est donc une pratique très récente. Cet engouement est tel que cette année, la moitié des Français avait l’ambition de profiter des offres du Black Friday. Bien sûr, tout le monde n’a pas les moyens d’acheter ce qu’il veut en période normale, le Black Friday est donc un jour parfait pour pouvoir se faire plaisir à des prix plus petits.

Cependant, tout cela n’est que profit et appât du gain. Mais si ce n’était que ça, le Black Friday serait juste un jour où des milliers de personnes se battent pour des vêtements, des objets ou de l’électronique proposés à des prix alléchants. Mais un côté plus sombre comme dans toute industrie est souvent dénoncé. L’impact sur l’environnement est énorme et plutôt inquiétant. L’industrie de la mode est l’industrie la plus polluante de la planète avec l’utilisation de milliers de litres d’eau pour les vêtements et le transport des différents textiles importés des quatre coins du monde par bateau, avion ou camion. On sait d’ailleurs que pour produire un seul jean, il faut 11 000 litres d’eau. Alors avec ce Black Friday, les grandes enseignes types Zara, H&M, Primark qui produisent déjà plus que ce qu’elles ne vendent en temps normal, gâchent un nombre incalculable de vêtements non utilisés ou juste un peu abîmés qui sont jetés sans être portés une seule fois.

La surconsommation est une plaie importante de notre société, résultat de la mondialisation. Tout va plus vite, plus loin et en immense quantité en temps normal alors imaginez notre société de consommation multipliée par cinq pendant ce jour noir. Selon Brut, un camion de vêtements est jeté chaque seconde dans le monde. Entre les retours de vêtements, les invendus et les éléments défectueux, ce chiffre s’explique mais ne se comprend pas. Pourquoi jeter ce qui est encore portable ? Avec des vêtements c’est déjà problématique, mais avec de l’électronique, ça l’est beaucoup plus. Le nombre de composants électroniques qui sont jetés et qui ne pourront être recyclés est immense : 45 millions de tonnes en 2016 avec 80% non recyclés, selon Brut. De plus, avec le développement des nouvelles technologies et cette révolution digitale, le Black Friday s’est étendu au marché en ligne avec son jour dédié : le Cyber Monday. Alors que le Black Friday date des années 50 aux Etats Unis, le terme Cyber Monday, lui, est apparu en 2005. Ce marché dématérialisé n’échappe pas à la surconsommation et la pollution. Les achats en ligne demandent plus de transports et bien entendu ce sont des camions roulant au diesel qui sont utilisés pour plus de rapidité et d’efficacité. Tout ce qui ne convient pas est renvoyé et jeté. C’est un cercle vicieux qui continue encore et encore et qui est toujours plus accentué pendant ces jours de promotions.

Heureusement, une nouvelle manière de vivre cette fête de la surconsommation émerge depuis quelques temps. Le Green Friday, par exemple, est une manière de consommer équitablement, responsablement et respectueusement. Créé en 2017 par Envie, un réseau redonnant une nouvelle vie aux équipements électroménagers et se battant pour un mode de vie plus écologique, le Green Friday promeut des commerces qui ne proposent pas de promotions et qui vont reverser 15% de leur chiffre d’affaires à des associations écoresponsables. Une manière à échelle humaine d’agir contre le Black Friday et ses catastrophes écologiques. Entre le Green Friday, les actions de sensibilisation des ONG comme Greenpeace et les consommateurs méfiants de toutes ces promesses de promotion, le Black Friday va, un jour, peut-être s’essouffler et ne devenir rien de plus qu’un vendredi comme un autre. Pour l’instant, il serait bien de prendre la mesure des choses en changeant dès maintenant nos habitudes de consommation.

#blackfriday

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