Bolivie : la réélection controversée de Morales


Dimanche 20 octobre, les Boliviens votaient pour élire leur président : alors que les résultats annonçaient un second tour, lundi 21 octobre, le Président sortant Evo Morales est donné directement vainqueur avec 46,87% des scrutins, suivi par Carlos Mesa (36,73%). Rappelons que pour être élu dès le premier tour, le candidat doit obtenir 40% des voix et 10 points d’écarts avec le second. Le problème, c’est que ce résultat est très controversé par les opposants…

Président depuis 2006, Evo Morales a fait un référendum le 21 février 2016 afin de pouvoir changer la constitution et ainsi se représenter en 2019 (qui n’autorise le président à ne concourir qu’à deux mandats). Malgré le rejet populaire du référendum, le Président a tout de même détourné la constitution grâce à la Cour Constitutionnelle, celle-ci qualifiant sa candidature de "droit humain". Dimanche, Carlos Mesa dénonçait une fraude et affirmait qu’il ne reconnaissait pas les résultats, appelant à la mobilisation jusqu’aux résultats officiels. Ainsi, dans tout le pays, de nombreuses violences ont éclatées au cours de la semaine. À Sucre, des Boliviens ont mis le feu au tribunal électoral départemental pour dénoncer une fraude lors du dépouillement.

Les États-Unis ont également demandé au TSE de « rétablir la crédibilité du processus de dépouillement » dans un tweet. Son auteur, Michael Kozak a aussi déclaré que « Les États-Unis rejettent la tentative du tribunal électoral de corrompre la démocratie bolivienne en retardant le dépouillement et en prenant des décisions qui nuisent à la crédibilité des élections boliviennes ».

Jeudi 24 octobre, Evo Morales a été déclaré président pour un quatrième mandat au premier tour avec 47,07% des voix. Une annonce qui a été très contestée, notamment par Carlos Mesa qui n’a pas reconnu les résultats. Plusieurs pays parmi lesquels l’Union européenne, les États-Unis, le Brésil, l’Argentine et la Colombie réclament aujourd'hui un second tour pour respecter le choix des Boliviens, ces derniers menaçant de ne pas reconnaitre la présidence d’Evo Morales.


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