Brésil, une situation critique dans les Favelas


Depuis plusieurs semaines, des affrontements opposants gangs rivaux ainsi que la police ont lieu dans la Rocinha, la plus grande favela de Rio au Brésil. Malgré les troupes déployées, les coups de feu retentissent depuis début septembre.

Même occupée par ses habitants, la Rocinha enregistre de nouvelles fusillades en ce début de semaine. Cette immense favela (bidonville), où vivent environ soixante-dix mille personnes, a été le théâtre pendant de nombreuses semaines d’affrontements entre des gangs rivaux et la police, après que des dizaines d’hommes aient envahi les lieux depuis le 17 septembre.

Les gangs rivaux sont, d’après les forces de l’ordre, des criminels liés à Antônio Francisco Bonfim Lopes, un célèbre chef de gang emprisonné depuis 2011 et plus connu sous le nom de “Nem”. Ils seraient entrés dans la favela pour tenter d’en reprendre le contrôle et s’opposeraient à une autre bande liée à Rogério 157, un ancien lieutenant de Nem ayant désobéi à ses ordres.

Cette violence, selon le magazine The Guardian, "a accentué un sentiment d’insécurité à Rio.Le gouvernement de l’État est en faillite et en retard dans le paiement des salaires de la police, l’ancien gouverneur Sérgio Cabral est en prison et vient d’être condamné à 45 ans de prison pour corruption, blanchiment d’argent et racket.”

Ainsi une année à peine, la violence est venue s’acharner sur la favela. En effet la Rocinha est un lieu idéal pour établir des points de vente de drogue pour les gangs respectifs : sa proximité avec des zones habitées par des classes favorisées attire un public fortuné, qui n’hésite pas à dépenser des sommes exorbitantes pour se procurer ces substances illicites.

« Ils ne sont pas entraînés à jouer le rôle de la police, à travailler dans la rue en milieu urbain. Ils sont entraînés à tirer, faire feu d’abord et poser les questions après », déclare un habitant de la favela en parlant de la police brésilienne.

En effet, face à l’incapacité de la police à maîtriser la crise, le ministre brésilien de la Défense, Raul Jungmann, a effectivement ordonné le déploiement de neuf cent cinquante soldats pour pacifier la zone. Toutefois, les Brésiliens craignent que les troupes ne soient pas en mesure de rétablir l’ordre et que le calme ne soit de retour que dans un très long laps de temps.

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