Ce que vous avez manqué de la 44e cérémonie des césars

Vendredi soir se tenait la 44e cérémonie des césars, présentée par l’incontournable du rire Kad Merad. Du triomphe de Jusqu’à la gardeà la déception pour Le Grand Bain, retour sur cette cérémonie marquée par le rire et les larmes.

21:00, Kad Merad fait son entrée. Sur un air de Queen, le comédien s’improvise chanteur et lance déjà quelques blagues dès le premier couplet. L’invité d’honneur cette année n’était autre que le grand Robert Redford, qui a reçu son césar des mains de la talentueuse Kristin Scott Thomas. Dans sa longue robe verte, la présidente de la cérémonie a ébloui le public par sa prestance et son aisance dans les discours. Robert Redford quant à lui semblait fatigué et peu réceptif aux blagues de nos acteurs français qui essayaient tant bien que mal de faire rire l’acteur hollywoodien.

Robert Redford recevant le césar d'honneur des mains de Kristin Scott Thomas

(image: France Bleu)

La soirée commença fort pour les jeunes acteurs du film Shéhérazade. Kenza Fortas, pour sa toute première apparition au grand écran a reçu le césar du meilleur espoir féminin, et son acolyte Dylan Robert celui du meilleur espoir masculin. Destiné à être carreleur avant le tournage du film, le jeune homme semble parti pour une autre carrière. Shéhérazade permis aussi à Jean-Bernard Marlin d’obtenir le césar du meilleur premier film. Carton plein pour cette équipe, porteur d’espoirs pour la suite.

Décors, photo et son sont récompensés pour l’équipe des Frères Sisters, réalisé par Jacques Audiard, qui a d’ailleurs reçu le césar de la meilleure réalisation (encore une fois), au grand dam de Gilles Lellouche, qui, pour son film Le Grand Bain, avait grand espoir d’être récompensé.

Mais tout n’était pas perdu pour Le Grand Bain : Philippe Katerine a sauvé l’honneur avec le césar du meilleur acteur dans un second rôle. Par un discours touchant surmonté d’une pointe d’humour, l’acteur ne semblait pas réaliser ce qu’il avait entre les mains.

La meilleure actrice dans un second rôle cette année n’est autre que Karine Viard pour son rôle dans Les chatouilles. Film dénonçant les violences sexuelles sur mineur(e)s, Andréa Bescond et Eric Métayer, les réalisateurs, ont été eux aussi récompensés pour la meilleure adaptation. Une victoire pour ce couple qui se bat pour dénoncer ces violences et abus sexuels dont un enfant sur cinq est victime, a rappelé Eric Métayer.

Sujet aussi récompensé dans Vilaine fille, le court métrage d’animation réalisé par Ayce Kartal et Zeynep Naz Daldal. Côté long métrage, c’est Dilili à Paris qui obtient le césar, face à Astérix : le secret de la potion magiqueet Pachamama.

Mademoiselle de Joncquières obtient seulement le césar des meilleurs costumes, malgré une nomination pour Cécile de France en tant que meilleure actrice et Edouard Baer pour le césar du meilleur acteur. Le film était aussi nominé dans les catégories suivantes : meilleure adaptation, meilleurs décors et meilleure photographie.

Le césar du meilleur court métrage est donné à Rémi Allier pour Les petites mains, réalisateur qui a marqué cette cérémonie par son humour : « J’ai oublié d’éteindre mon téléphone j’ai l’impression d’avoir un vibromasseur dans la poche, c’est un peu difficile de me concentrer du coup » sont les premiers mots de son discours. Il n’a pas hésité pas par la suite à envoyer une remarque cinglante, toujours avec humour, à Kad Merad, qui, selon lui ne lui laissait pas assez de temps pour s’exprimer.

Pour le meilleur film documentaire, c’est Ni juge ni soumise de Jean Libon et Yves Hinan qui a été récompensé. Le césar du meilleur film étranger a été donné à Une affaire de famille, film japonais réalisé par Kirokazu Kore Eda, qui n’était pas là pour recevoir son prix, et le césar du public est attribué aux Tuches 3, qui ont cumulés plus de 5,6 millions d’entrées cette année, juste devant La Ch’tite famille.

Concernant le césar du meilleur acteur maintenant c’est Alex Lutz qui a été récompensé pour son rôle dans Guy, film réalisé par lui-même qui retrace la carrière de Guy Jamet à travers la caméra de Gauthier, un jeune journaliste qui pense être son fils illégitime. Pour ce rôle, Alex Lutz a passé quatre à cinq heures au maquillage tous les jours afin de se vieillir. Guy est aussi récompensé pour la meilleure musique originale.

Mais l’œuvre qui rafle tout cette année est Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand. Ce dernier a reçu le césar du meilleur scénario original, et le césar du meilleur film. Cette histoire permet aussi à Léa Drucker de recevoir le césar de la meilleure actrice et à Yorgos Lamprinos celui du meilleur montage. Avec quatre prix reçus sur dix nominations, c’est un grand succès pour cette histoire qui dénonce les violences faites aux femmes. En soutenant la cause des femmes battues, Xavier Legrand entre dans la cour des grands du cinéma français avec un césar du meilleur film pour son premier long métrage.

En ce qui concerne la remise des césars, l’image dont on se souviendra sera celle de Laurent Lafitte, un peu trop botoxé, mettant en garde toutes les femmes afin d’éviter « la fois de trop ».

Mais plus que des rires, des larmes ont coulées ce soir-là. Plusieurs séquences d’hommage aux différentes personnalités du cinéma français disparues cette année ont été diffusées. Diane Kruger a rendu hommage à Karl Lagerfeld, qui lui « manque terriblement », et Eddy de Pretto a repris avec émotion J’me voyais déjà de Charles Aznavour.

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