"Charly 9" - Jean Teulé

Passionné.e.s d’Histoire, laissez-moi vous proposer un roman pouvant conter des moments historiques avec originalité et franchise.

Jean Teulé est connu pour son humour grinçant à narrer des faits réels, tout en préservant une certaine authenticité. On y découvre un portrait psychologique nouveau des personnages, véridique ou non, cela reste une forme de désacralisation de l’Histoire plutôt intéressante !

Source : https://livre.fnac.com/a3415821/Jean-Teule-Charly-9

Ici, Charles IX, Roi de France, fils de Catherine de Médicis, est celui qui portera sur ses légères et jeunes épaules le lourd fardeau du massacre de la Saint Barthélémy. Dans son roman, l’auteur y dépeint un jeune homme désemparé, malade, couvé par sa mère, manipulé et en quête d’autres occupations que le rôle de sa vie : être Roi.

Dans les faits réels, et surtout racontés de manière très sérieuse, Charles IX accède au trône à 10 ans seulement, et c’est dans la nuit du 23 au 24 août 1572 qu’il ordonne l’assassinat des chefs protestants, qui, on le sait, débouchera sur un massacre de la plupart des “huguenots”.

Dans ce roman, les choses ne se passent pas vraiment comme cela. Le Roi est plutôt “manipulé” par sa mère et ses généraux, pensant pouvoir leur faire confiance en vue de son manque d’expérience. Le malheureux était peut-être trop bon. De plus, l’auteur tente vraiment de raconter la vie du Roi du point de vue du personnage éponyme, comme une biographie.

Il meurt à 23 ans, très malade, mais aura joui d’une vie, semble-t-il, pleine de folies et de souhaits réalisés. Ce qui est drôle dans ce roman, c’est qu’en effet, ce Roi mal-aimé, et pourtant innocent, profite d’une belle vie mais folle. Le Roi montrera tout du long de son règne des excès de violence et de sanglantes balades dans les bois. Jean Teulé nous montre un jeune homme très touché par ce massacre des protestants, et cela le hantera tellement, qu’il ne verra plus que du sang où il passe (qui par la suite lui coulera du front à cause d’une maladie), expliquant ses pulsions violentes sur les animaux, puis sur les gens.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, c’est le franc-parler. On y retrouve un langage populaire et parfois vulgaire de la part de personnages nobles, et même des chants, des scènes quotidiennes. Peut-être est-ce là une authenticité oubliée de la Renaissance dans nos manuels : le langage des nobles. Celui-ci n’est pas plus soutenu que le tiers-état.

Mais peut-être est-ce là l’imagination de l’auteur, tout simplement. En tout cas, ce roman est d’aucun ennui, chaque chapitre est historique et humoristique. Et pouvoir allier ces deux choses, c’est, selon moi, un beau succès.

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