Compil' culturelle pour l'Orange Week


Poings de Pauline Peyrade, jeune dramaturge française, peut raisonner dans le cœur de nombreux. On y retrouve une écriture similaire à sa précédente œuvre, Bois impériaux, un univers prenant, titillant des problèmes sociétaux, un sentiment progressif d'inaccessibilité au monde environnant, d’une connexion rompue. Poings, une pièce écrite en 5 actes, relatant la relation toxique de deux individus. Une relation mêlant trois personnages s'y distinguent, lui elle et moi. Un texte empreint d'illusions, de non-dits, de violences imprononçables. À travers des scènes vivantes et imaginatives, Pauline Peyrade nous décrit un schéma de la peur, d'une réalité niée.


Matisse Morvan





Dans sa pièce Scènes de violences conjugales Gérard Watkins a décidé de se demander comment l’on pouvait expliquer qu’une femme puisse mourir sous les coups d’un homme dans une société considérée comme avancée. Pour illustrer cette incompréhension, Watkins met en scène l’histoire de deux couples évoluant parallèlement dans le même appartenant. Pour cela, le dramaturge a décidé d’étudier les mécanismes présents chez les hommes violents et de les inculquer dans le jeu des acteurs pour créer une histoire plus que réelle. Les comédiens évoluent sur une scène blanche, triangulaire, accompagnés d’une batterie pendant la totalité des deux actes. Le seul décor, leur jeu, spectaculaire, naturel et touchant à la fois.


Clara Danieau





Désormais, bleus, blessures et contusions se retrouvent sur les visages et les corps des plus grandes muses de la peinture. Les tableaux des plus grands maîtres ont été détournés par Mohamed Oussane Houji, un graphiste tunisien de 27 ans, pour dénoncer les violences conjugales faites aux femmes. De la Madone peinte par de Vinci au visage d’Eve de Johann König, toutes sont couvertes de coups. En touchant à l’art et à la peinture classique, il est parvenu à interpeller tout le monde sur un sujet qui n’est inconnu pour personne. « Fuis pour un moment l'homme en colère, et pour toujours l'homme violent », ce proverbe oriental a eu l’effet d’un déclic pour l’artiste qui continu de lutter contre les ordures quelles qu’elles soient.


Marie Benoist




Par une nuit d’hiver, une jeune femme quitte furtivement le domicile conjugal en emmenant son fils. Son mari la poursuit, lui promet de changer, de ne plus être violent. En s’attaquant à un sujet aussi tabou que quotidien, le film Ne dis rien d’Icíar Bollaín n’hésite pas à mettre en lumière le lien ambigu entre amour et violence conjugale, ou comment la peur de perdre l’autre mène à un besoin de possession, puis à la violence. La thématique est abordée de façon complète, fidèle à la réalité, et met en scène une femme forte, animée par la volonté de se reconstruire et de déguster tout ce que la vie a encore à lui offrir. Profond, Ne dis rien laisse apparaitre des sentiments intenses, notamment en ce qui concerne les scènes de terreur, mais retrace également la peur et la passion, sentiments qui se mélangent et exposent toute la complexité du quotidien d’une femme victime de violences conjugales.


Manon Lebocey

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