De Gaulle, retour sur l’avant-première du film

Le nouveau film sur l’emblématique Charles de Gaulle sort dans les salles aujourd'hui mais a été diffusé pour la toute première fois au cinéma UGC de Lille ce samedi 29 février. Pour cette occasion, l’actrice principale qui joue Yvonne (Isabelle Carré), le réalisateur (Gabriel le Bomin), le co-producteur (Gio Iera) et la co-scénariste (Gaëlle Macé) sont venus répondre aux questions du public. Retour sur cette avant-première.


Le film débute en 1940, alors que la guerre fait déjà rage depuis plusieurs mois et que les Français luttent toujours contre l’invasion allemande. Le scénario suit alors fidèlement l’histoire de Charles de Gaulle, qui n’est d’abord qu’un simple officier, et de sa femme Yvonne. On découvre aussi leurs enfants, comme la petite Anne atteinte de trisomie, maladie encore inconnue à l’époque appelée « mongolisme », qui donnait beaucoup de force à Charles de Gaulle comme il l’écrit dans ses mémoires. Voilà pourquoi le film s’appelle De Gaulle et non pas Charles de Gaulle ; le film « mêle famille et histoire » comme l’a dit Gabriel Le Bomin après la diffusion du film. Il a aussi expliqué que la ville de Lille pour la première diffusion du film n’était pas un choix anodin : il s’agit en effet de la ville natale de Charles de Gaulle.


Gio Iera, le co-producteur a ensuite expliqué que trouver un financement pour le film ne fut pas toujours évident. En fait, personne ne leur disait jamais oui ou non : ils n’obtenaient aucune réponse à leur demande. Ils ont alors eu l’idée d’une prothèse pour rendre Lambert Wilson, qui joue talentueusement Charles de Gaulle, plus ressemblant. Après avoir montré les photos avec les prothèses, ils ont immédiatement trouvé des financements, le film paraissant alors très crédible. C’est la principale raison qui explique le peu de films ou de séries sur Charles de Gaulle : ceux qui ont tenté auparavant n’ont jamais réussi à obtenir les fonds nécessaires. De plus, Gabriel Le Bomin et son équipe n'ont pas voulu demander des fonds à la fondation de Gaulle. Ils ont simplement informé sa famille de la réalisation du film, qui a d’ailleurs admit bien reconnaître ses ancêtres.


Isabelle Carré a ensuite pris la parole pour parler d’Yvonne, qu’elle incarne brillamment. Elle explique avoir été touchée par l’histoire d’amour qu’elle vivait avec son mari, notamment après avoir lu les lettres qu’ils ont pu s’échanger lorsqu’ils étaient séparés par la guerre. En effet, Yvonne et Charles n’étaient jamais certains que leurs lettres arriveraient à destination : « c’était comme s’ils envoyaient des bouteilles à la mer », décrit-elle.


L’actrice raconte aussi son expérience avec Clémence Hittin, qui jouait le rôle d’Anne de Gaulle, elle aussi atteinte de trisomie. Elle raconte avoir été très heureuse de vivre cette expérience bien que cela n’était pas toujours évident. En effet, Clémence n’apprenait pas toujours son texte et il était impossible de faire de l’improvisation avec elle. Parfois elle ne voulait pas jouer certaines scènes, et il fallait donc trouver des solutions. D’habitude, Isabelle Carré ne regarde pas les films dans lesquels elle joue, mais samedi elle n’a pas pu résister de voir Clémence jouer Anne « et son sourire qui dégage beaucoup de sincérité ». Dans la vraie vie, Yvonne aussi devait composer tant bien que mal avec sa fille Anne, qui faisait par exemple des crises de panique quand il y avait des avions.


Voilà pourquoi Isabelle a accepté le rôle : car Yvonne et Charles de Gaulle sont deux personnes qui ont su dire non face à la collaboration malgré le prix d’une telle résignation (être déchu de sa nationalité, être séparé de sa famille…). Elle précise aussi que les aventures d’Yvonne présentes dans le film ont bien existées, et que rien n’a été inventé. En effet, les retrouvailles d’Yvonne et de Charles semblent incroyables… Elles marquent d’ailleurs la fin du film. Choix que le réalisateur explique, après maintes discussions sur la timeline, par le fait que le film voulait seulement raconter comment Charles de Gaulle est né, en tant que figure patriotique telle qu’on la connaît aujourd’hui.


Le film est par ailleurs très bien réalisé. On se retrouve pendant 1h49 plongé dans cette vie de famille en tant de guerre, qui lutte contre la collaboration et la mort de toute ses forces malgré les obstacles. On observe la tendre relation qui unit Yvonne et Charles, ce couple qui deviendra emblématique, et qui, malgré la discrétion d’Yvonne dans son temps, nous fait rêver. Un film à voir absolument dès ce mercredi.


Julia Fichaux

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