« Faire un Erasmus à Bucarest ce n’est pas seulement étudier à Bucarest »

Buca-quoi ?

Bucarest… c’est en Hongrie ça ? Ah non, c’est vrai, la capitale de la Hongrie, c’est Budapest. Mais alors Bucarest, c’est où déjà ? Voilà ce qu’on m’a dit, quand j’ai annoncé que je partais pour 5 mois à Bucarest. J’ai alors vite compris que nous, français, avions une certaine méconnaissance de ce pays d’Europe de l’est : la Roumanie. Quand on dit Roumanie, on pense tout de suite aux roms. Mais non, en Roumanie, il n’y a pas que des roms. Les roms constituent la plus grande minorité du pays, mais ne sont officiellement dénombrés que 600 000 à habiter ce pays de plus de 19 millions d’habitants.

Une invasion française

Alors non, je n’ai pas rencontré beaucoup de roms. J’y ai même rencontré largement plus de français ! A mon grand étonnement, Bucarest est une destination très prisée des étudiants français. Rien qu’en science politique, nous représentons la moitié des étudiants Erasmus ; et plus généralement, presque 50% des étudiants étrangers de Bucarest. Je croise aussi beaucoup d’italiens, de turcs et d’espagnols. La Roumanie semble donc plutôt attirer les européens des pays de l’ouest. Petit bémol : je n’améliore pas vraiment mon anglais !

Une impression d’immensité

Cela fait maintenant 1 mois que je suis arrivée à Bucarest. Ma première impression est celle d’immensité, et de contraste. Immensité car ici, tout est grand : les boulevards, les stations de métro, les centres commerciaux, les bâtiments, et surtout, le Palais du Parlement. Si vous ne connaissez pas le Palais du Parlement, il est le deuxième bâtiment administratif le plus grand au monde. Pourtant ici, il paraît tout à fait se confondre dans la ville, comme si dans cette immensité, nous ne le remarquions à peine. Pour un petit point d’histoire, le Palais du Parlement a été construit sur demande du dictateur Nicolas Ceausescu lorsqu’il était encore au pouvoir.

Palais du Parlement

Sa volonté était de construire un bâtiment qui représenterait la puissance du communisme roumain. Pour cela, il va faire appel à plus de 600 architectes et 20 000 ouvriers, qui vont travailler d’arrache-pied pour donner au chef de l’Etat le plus grand bâtiment d’Europe, constitué de 1100 pièces réparties sur 12 étages. Autant dire que si vous voulez le visiter dans son entièreté, il vous faudra plusieurs jours ! Le sentiment des roumains est aujourd’hui mitigé envers ce bâtiment. Il est à la fois d’une beauté extraordinaire, un monument historique qui fait de Bucarest la capitale qu’elle est, mais rappelle aussi aux roumains le régime communiste dans lequel ils ont vécu, la famine, les répressions et les injustices dont ils ont été victimes. Pour la construction du Palais, autrefois appelé Maison du Peuple, Nicolas Ceausescu a fait raser plus de 7 000 maisons, laissant 40 000 habitants au dépourvu.

Une sensation de contraste, ensuite. A Bucarest, on retrouve de très beaux bâtiments qui rappellent quelques fois Paris, collés à des immeubles gris, insalubres, prêts à s’effondrer au prochain tremblement de terre. Ce contraste représente assez bien selon moi le passé communiste du pays, et la difficulté des roumains à sortir de la pauvreté.

A la rencontre de la population locale

La rencontre des roumains m’a légèrement déçue. Les commerciaux ici sont loin d’avoir l’amabilité que nous connaissons en France. Ils font peu d’efforts pour se faire comprendre, ou pour essayer de nous comprendre, et n’ont pas l’air très intéressés par les touristes. Très peu d’adultes parlent anglais ici, mais à ma grande surprise les personnes les plus âgées sont capables de discuter dans un bon français. A l’université au contraire, nous sommes très bien accueillis par les étudiants roumains, qui eux, ont un bon niveau d’anglais. Les jeunes sont plus accueillants et semblent plus ouverts aux étrangers.

Une vie qui ne coûte rien

Ici nous ne payons pas en euro, mais en lei. Si je vous dis que 1€ = 4,66lei ; et qu’une pinte de bière coûte moins de dix lei, vous comprenez que la vie ici ne coûte pas chère. Avec un salaire moyen de 500€ par mois, ces tarifs semblent justifiés pour les roumains, mais pour nous, français, c’est le paradis. Il est facile de manger au restaurant pour moins de dix euros. C’est un plus pour nous car nous pouvons facilement faire les activités que nous voulons, voyager dans le pays et sortir sans jamais trop nous ruiner.

Passage Macca Vilacrosse, Bucarest

Verdict : on valide l’Erasmus à Bucarest ?

Sans une seconde d’hésitation, je recommande à tout le monde de partir en Erasmus, et bien sûr, je préconise Bucarest ! Ce n’est peut-être pas la ville qui nous fait le plus rêver, à nous, français, mais vous verrez vous n’en serez que surpris en bien ! Ici, vous avez à la fois un passé politique intéressant, vous vivez dans une capitale sans vous ruiner, les cours ne sont pas très prenants donc vous avez le temps de sortir et de découvrir la ville, et les activités Erasmus organisées vous font rencontrer des personnes de partout en Europe. Les vols depuis Bucarest ne sont vraiment pas chers, vous trouvez facilement des allers-retours pour Budapest, Berlin ou Athènes à 50€. Faire un Erasmus à Bucarest ce n’est pas seulement étudier à Bucarest, c’est faire la fête, bouger, visiter, découvrir d’autres villes, d’autres pays, d’autres cultures et de nouvelles personnes. Un Erasmus laisse des souvenirs, vous fait grandir, et vous ouvre l’esprit. Alors foncez, et venez passer quelques mois à Bucarest !

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