Hugo clément, journaliste controversé

Mercredi 13 février dernier, Hugo Clément, journaliste chez Konbini, a donné une conférence à l’université de Lille 3.

Fils de professeurs de sociologie, Hugo Clément a réalisé un parcours universitaire brillant. Après une année d’Hypokhâgne, il poursuit ses études à Sciences Po Toulouse où il obtiendra le prix François Chalais des jeunes reporters pour ensuite intégrer l’École Supérieure de Journalisme de Lille en 2010.

De France 2 au Petit Journal de Yann Barthès, en passant par Quotidien sur TMC et TF1 et enfin, par Konbini, Hugo Clément se fait petit à petit un nom dans le milieu très fermé du journalisme.

La conférence lui a permis de revenir sur son parcours et d’aborder le sujet très vaste du journalisme.

Hugo Clément est tout d’abord revenu sur son passage de France 2 au Petit Journal. Un souhait d’être plus « naturel » et « actuel » au travail et non plus d’être « quelqu’un que je ne suis pas » au travers du ton très formaté des journaux télévisés.

Concernant son passage de Quotidien au média web Konbini, il l’explique par la volonté de toucher un public plus jeune puisque la moyenne d’âge des spectateurs de Konbini News est de 25 ans, le téléphone portable étant aujourd’hui le média numéro un chez les jeunes.

Cependant, télévision et médias numériques ne sont pas incompatibles selon lui puisque Konbini reprend certains codes de la télévision tout en se permettant quelques libertés en ajoutant des teasings en début de reportages par exemple.

Hugo Clément a ensuite abordé le danger que peut représenter la réalisation des reportages. Évaluer le risque, ne pas faire n’importe quoi, et travailler avec des « fixeurs », ces locaux qui connaissent parfaitement la zone et préparent le travail en amont en demandant des autorisations, vérifiant des endroits etc. sont les clés pour réaliser un reportage en toute sécurité. Cependant, malgré ces précautions, Hugo Clément avoue ne prendre aucun plaisir à faire des reportages en zones tendues.

Le journaliste se risque ensuite à une comparaison qui peut être sujette à controverses. Selon lui, couvrir les manifestations françaises est aujourd’hui plus dangereux que réaliser des reportages dans les pays étrangers.

Concernant l’objectivité des journalistes, Hugo Clément est radical, « l’objectivité n’existe pas et aucun journaliste ne l’est ». Tout est, selon lui, une question de maitrise de sa subjectivité : il ne faut pas se laisser envahir par son avis et ses émotions. Cependant, la non-objectivité n’est pas un mal à éradiquer, bien au contraire puisqu’il est très sain d’être subjectif et de ne pas garder en soi ses émotions.

Hugo Clément, végétarien et fervent défenseur des animaux, avoue ne pas être objectif du tout sur ces questions. Il utilise son métier, grâce aux reportages notamment, pour sensibiliser les spectateurs à la cause animale puisqu’il faut « mettre des faits sous les yeux des gens » pour leur faire comprendre la situation selon lui.

Concernant l’actualité plus brulante, Hugo Clément évoque ensuite le rejet des médias de la part notamment des Gilets Jaunes. Mais à qui la faute ? Selon lui, les discours des politiques (de tous les bords) stigmatisent les médias et légitiment la violence envers ceux-ci. La responsabilité des politiques dans cette crise est donc « énorme » tout comme la place trop grande laissée aux éditorialistes dans les médias et principalement sur les plateaux télévisés. La frontière entre éditorialistes et reportages est « brouillée chez les téléspectateurs » qui accusent les chaînes d’avoir tenu certains propos alors que non, c’est l’éditorialiste et seulement lui qui les a tenus.

Lors du temps consacré aux questions-réponses, Hugo Clément a été sollicité concernant le sujet de la Ligue du LOL : un groupe dejeunes, incluant des journalistes influents, à l’origine d’harcèlements organisés sur les réseaux sociaux dont les principales cibles étaient des femmes travaillant dans le même milieu qu’eux. Les seulsmots du journaliste à ce sujetont été : « si les faits de la Ligue du LOL sont avérés, je ne peux que condamner ». Problème, Hugo Clément n’a, à ce jour, toujours pas dit un mot sur une affaire d’harcèlement qu’il aurait commis lorsqu’il était à l’Ecole Supérieure de Journalisme. Il est accusé d’avoir harcelé, avec Martin Weill (actuellement journaliste à Quotidien), une élève également à l’ESJ dans le cadre d’appels téléphoniques répétés.

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