Journées de la Presse Européenne 2020 : Reconnecter les jeunes à la politique

Mis à jour : 5 nov. 2020

Jean Massiet (à droite), personnification du combat pour un monde politique plus accessible, et Antoine Potor (à gauche) membre du comité de rédaction du Taurillon et modérateur de l’échange.


Jean Massiet (à droite), et Antoine Potor (à gauche) membre du comité de rédaction du Taurillon.

Lors des Journées de la presse européenne organisées par Le Taurillon depuis maintenant trois ans, Jean Massiet, fondateur d’Accropolis et streamer professionnel, évoque la difficulté de rapprocher les jeunes des enjeux politiques en général. Les formes traditionnelles de transmission d’informations auprès d’un public plus jeune sont-elles aujourd’hui encore efficaces ?


Jean Massiet est l’une des figures de l’évolution de la diffusion des actualités politiques et de leurs enjeux de manière à la fois sérieuse et légère. Celui-ci vise un accès à l’information par un public plus important et moins formé. En 2015, il fonde Accropolis, première chaîne de streaming citoyenne française diffusée sur la célèbre plateforme, Twitch, populaire parmi les publics les plus jeunes (JeanMassietAccropolis). Selon lui, les jeunes ont un naturel intéressé et engagé lorsqu’il s’agit d’enjeux politiques contemporains, à l’instar du climat. Cependant, malgré ce dynamisme, les formats médiatiques spécifiques adressés aux adolescents et jeunes adultes n’existent pas réellement, ou très peu. Comme la majorité d’entre nous, il a été témoin de l’évolution des générations sur les plateformes telles que Youtube. Il a aussi assisté à l’émergence de nouvelles sources de divertissement comme Twitch, notamment avec l’imposition du confinement en mars dernier. Le site de streaming à l’emblème violet était au départ exclusivement adressé aux joueurs de jeux vidéo. Cependant, ce passionné de politique et d’enjeux publics a su s’imposer pour y introduire une autre dimension au travers d’un chat interactif, d’une communauté et donc d’échanges.

Les médias traditionnels, des formats à écarter ?

Une chose primordiale à faire lorsque l’on évoque les médias est de distinguer ceux qui diffusent et ceux qui interagissent. Dans la première catégorie se situent les « grands classiques » telles que la télévision et la radio. Ces dernières sont en évolution depuis quelques années mais peinent toutefois à rajeunir. Ces anciennes technologies ne permettent en effet pas d’échanges avec les téléspectateurs ou les auditeurs sur les différents sujets traités. Les remarques et questions sont gardées secrètes et enfouies, et ne s’inscrivent donc pas dans un processus démocratique. Comment ces formats peuvent-ils alors toujours représenter un paradigme dominant dans notre système où prône la liberté d’expression et d’opinion ? En évoquant ses expériences avec les directions des chaînes de télévision et de radio, Jean Masset introduit également les problématiques de temps, d’argent, de compétences et d’énergie à fournir lorsque les deux générations de médias tentent de s’entremêler.

Les nouvelles formes de transmission sont-elles efficaces et appréciées comme espéré ?

« Live reaction » sur les questions au gouvernement au Sénat, « stream TNT » en partenariat avec Public Sénat, participation à des événements caritatifs, invités… Les formats d’interaction sur les évènements ou thématiques politiques sont multiples et attirent de plus en plus de monde. Au-delà du public, Internet attise l’intérêt des personnalités politiques qui sont curieuses de découvrir cet univers. Ces dernières sont néanmoins un peu nerveuses au départ avoue Jean Massiet, en raison de la dimension immédiate et interactionnelle des interventions. En septembre dernier, le streamer a fait une édition spéciale sur le discours de l’Union de la présidente de la Commission Européenne, Ursula Von Der Leyen. Résultat ? Les jeunes auditeurs ont pris conscience du moment politique important qu’ils vivaient et ont témoigné d’un intérêt pour le débat des différents idéaux politiques. Ils déclarent même désormais attendre les actes de la présidente. Sur le long terme, ces contenus ludiques et formateurs permettent à la fois aux plus sceptiques et aux plus jeunes d’entre nous de découvrir et de comprendre la politique. Ils donnent également l’opportunité d’observer une hausse de la participation électorale de la plus jeune portion de la population depuis quelques années. L’effet positif de ces nouveaux médias n’est donc plus à prouver et leur bonne influence ne fait que commencer.


Mathilde Bois


Retrouvez l’enregistrement vidéo de cette conférence à cette adresse.

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