L’extrême droite au pouvoir, le seul rempart possible contre la corruption pour les Brésiliens

Pleurs, peur, déni mais plus de déception que de surprise dimanche dernier pour le Brésil. Les sondages du second tour ne s’étaient pas trompés, Fernando Haddad non loin derrière Jair Bolsonaro s’est fait écarter du pouvoir pour laisser la place à l’extrême-droite. La gauche brésilienne refuse d’accepter le nouveau Président et craint pour la démocratie. Comment en sont-ils arrivés là ?

Le Brésil est un pays gangréné par la corruption. Lula, inéligible, a soutenu Haddad depuis sa cellule de prison, dans laquelle il doit rester plus de douze ans. La raison est liée au scandale autour du groupe public Petrobras. Des milliards sont détournés de l'entreprise pétrolière et le parti de Lula, alors au pouvoir, se retrouve impliqué. Déstabilisé, le pays ne se remet pas des suites des crises et des scandales de corruption. La société s’est fragilisée, divisée et la page des treize ans de la gauche brésilienne au pouvoir, pourtant célébrée, s’est tournée avec la destitution de Lula en 2016.

Abattre le visage de la gauche fut une victoire pour la droite qui s’est avancée poing levé jusqu’à la campagne électorale de 2018. Pendant que Fernando Haddad échoue dans son alliance, Jair Bolsonaro joue avec la psychologie de masse. D’abord poignardé le 6 septembre par un militant de l’opposition, il ressort plus fort. Intolérant, désinvolte, pro-violence, le « Trump Tropical » tel que les médias se sont plu à le nommer, a mis sa réputation sur le dos de l’opposition tout en jonglant avec devant ses électeurs. Homophobe, machiste, raciste, climatosceptique, seulement, là n’était pas le plus important. Si les médias relayant ses dires honteux n’ont pas réussi à le descendre c’est que les Brésiliens ne voyaient pas un homme potentiellement dangereux mais celui qui pourrait guérir le pays.

Le danger c’est le système, les classes politiques dont les Brésiliens en ont plus qu’assez. Malgré ses longues années dans le domaine, le voilà candidat anti-système. Jair Bolsonaro est le sauveur, celui qui va se dresser face au Parti des Travailleurs : « une mafia communiste, le parti de l'antéchrist, qui endoctrinerait les enfants dans l'homosexualité. Et de façon générale, la gauche serait pervertie moralement et terroriste ».

La grande nation promise par Jair Bolsonaro, fraîchement élu, n’a pas à avoir peur des facteurs extérieurs. "Make Brazil great again" n'est-ce pas? L’ancien militaire est soutenu par ses discours nostalgiques de la grandeur du pays pendant la période du régime dictatorial militaire de 1964 à 1985. Pas de grand choc ici non plus, ceux qui ont vécu cette époque s’en souviennent comme celle de la prospérité économique et la sécurité qui régnait sur le pays. De ce fait, les lobbys les plus puissants se sont rués derrière lui et croient en ce retour au conservatisme, perdu avec Lula.

« Priez pour nous » annoncent des électeurs de gauche suite à la victoire de l’extrême-droite et l’annonce du programme futur. Violences, droits de l’homme bafoués, censures prévues pour les professeurs militants de gauche et suppression de l’opposition pour débuter. C’est « l’exil ou la prison » pour ces derniers. La situation était inévitable et les brésiliens devront se battre pour leur jeune démocratie mise à l’épreuve à partir de janvier 2019.

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