L’opération esthétique sur les nouveaux nés intersexués : Un protocole subsistant par le manque

L’opération chirurgicale des intersexes, un fait majoritairement méconnu, à la naissance est le contrôle des corps d’une communauté dans le but de l’adapter à un conformisme en dépit des lourdes conséquences qu’elle subira dans le futur.

Un individu naît intersexe lorsque son anatomie sexuelle est si atypique que les médecins ne peuvent percevoir son appareil génital comme assez proéminent pour appartenir à un homme ou à une femme. Son appareil génital est donc situé entre celui de la femme et de l’homme.

Malgré la faible présence de statistiques concernant les naissances intersexes, on considère qu’il naît en moyenne 1 intersexué sur 2000. Cependant l’existence même d’intersexués est majoritairement méconnue car très peu relayée à l’échelle médiatique. On observe une pratique courante au sein du milieu médical qu’est l’intervention chirurgicale sur les intersexes dès la naissance dans le but - non pas de résoudre un problème médical mais - d’assurer l’intégration de l’enfant dans la société.

Appliquée depuis le 19ème siècle et justifiée par les recherches de John Money en 1960 la décision d’opérer les enfants intersexes dès la naissance a été réalisée dans le cadre d’un respect du conformisme afin de faciliter l’intégration sociale de l’enfant. Critiquée par différentes associations créées dans les années 90, cette procédure s’est révélée avoir des répercussions à long terme néfastes sur les individus opérés.

De nombreux témoignages ont ainsi permis de partager les conséquences physiques et psychologiques de ces interventions chirurgicales esthétiques. En effet, une telle opération pratiquée dès la naissance peut avoir comme conséquence l’infertilité permanente, des douleurs, l’incontinence, la perte de sensation sexuelle ainsi que des souffrances psychologiques comme la dépression. Le risque psychologique s’opère sur le possible refus par l’intersexué du sexe qui lui a été attribué à la naissance sans son consentement.

Depuis 2010 on observe un changement de conscience où les groupes médicaux ont modifié leurs décisions d’application de cette procédure en la déconseillant fortement. Néanmoins, la régulation de cette chirurgie eut pour conséquence de minimiser la connaissance de l’existence d’intersexes au sein de la population. Malgré une série de propositions de lois créé par l’ONU, il n’existe aucune procédure étatique en France. Ainsi, le choix de la chirurgie est fait par les familles qui, sous la pression et le manque de connaissances, feront souvent le choix d’une opération immédiate au détriment de l’enfant.

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