La prise en charge des personnes âgées : un enjeu social

Mobilisation des professionnels.

Le 15 mars 2018, une nouvelle mobilisation est prévue pour les salariés des Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) ainsi que pour les services à domicile pour personnes âgées. Cette manifestation est dans la continuité de celle du 30 janvier, qui s’est avérée être un succès au niveau de la participation. Il y a également une pétition en ligne qui a été lancé par des professionnels, et une missive de l’Association des directeurs des maisons de retraite qui a été adressée au Président de la République.

La raison de ce mouvement est la réforme portant sur le financement des maisons de retraites qui engendrerait une perte des recettes pour presque 25% des EHPAD. La réforme représenterait une perte de 65.6 M d’euros pour le EHPADs publics ; le ministère de la Santé assure que cela permettra au secteur de gagner 100.2 M d’euros au bout de 7 ans.

Manque de place et dégradation des services.

Plus généralement, cette manifestation est l’occasion pour les salariés, pour les personnes âgées, ainsi que pour les familles d’exprimer leur mécontentement quant à la dégradation des services dans ces établissements. En effet, très peu de place sont disponibles pour accueillir les personnes âgées dans des EHPADs. Il y a 7 200 EHPADs publics et privés pour 600 000 personnes. On estime qu’il existe en moyenne une place pour 6 retraités de plus de 80 ans, avec jusqu’à deux ans sur liste d’attente.

Dans la mesure où la population française est vieillissante, ce manque de place et de moyens octroyés pour la prise en charge des personnes âgées est préoccupant. En effet, d’ici 2025, on s’attend à devoir prendre soin de près de 2 millions de personnes âgées. L’accueil des personnes âgées est donc un enjeu sociétal actuel.

En plus de ce manque de place, les services offerts par les EHPADs ne sont pas à la hauteur ; il y a eu récemment de nombreux témoignages de patients, et de salariés qui dénonçaient ce problème. En effet, il n’est pas rare d’entendre parler de retraités oisifs toute la journée, qui ne peuvent pas aller dehors parce qu’ils sont délaissés par les salariés. Ceux-là sont dépassés par le surplus de travail dû au manque de personnel, lequel peut s’expliquer par le fait que ce travail n’est pas bien payé, et peu considéré dans la société. C’est pourquoi le temps auprès des patients est compté. Des aides-soignantes de la maison de retraite des Opalines expliquent : « Le soir, on a 3 minutes et 41 secondes pour coucher chaque résident : on ne les met pas au lit, on les jette. » ; le matin, 12 minutes sont accordées pour préparer les patients.

Malgré la dégradation des services, les EHPADs représentent un montant important pour les familles. Le coût et le statut (privé ou public) ne garantissent pas nécessairement la qualité des soins.

Alternatives aux EHPADs.

En raison de ce manque de confiance croissant, les familles n’hésitent pas à utiliser d’autres alternatives telles que des aides pour le maintien à domicile, les résidences-services publiques pour les personnes les moins dépendantes. Une nouvelle formule est en train de se développer : accueillir des personnes âgées n’ayant pas besoin de dispositifs médicalisés chez soi. Cela représente l’avantage de vivre dans un environnement familial, et donc de continuer à créer des liens intergénérationnels. De plus, c’est économiquement plus intéressant que les EHPADs ou que les aides à domicile. Les accueillants suivent au préalable une formation, et ils peuvent être inspectés.

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