Le carnaval niçois, une tradition française

En cette période hivernale, les carnavals prennent place un peu partout dans le monde, symbole de transition entre l’hiver et le printemps. Permettant d’égayer un moment parfois un peu morose de la saison, ce genre de cérémonie est aujourd’hui un événement qui rassemble des millions de personnes dans le monde. Une spécialité française dans l’univers de la fête reste le carnaval de Nice.


Origines des célébrations


Le carnaval (du latin « carnelevare ») est avant tout une fête populaire, qui tient ses origines dans les rituels antiques mais qui est traditionnellement associé au calendrier chrétien. Il se déroule généralement entre l’Épiphanie et Mardi Gras. Cela marque ainsi le dernier moment où l’on peut se faire plaisir, manger des aliments gras ou autres, avant le Carême, période de jeûne.

Ce moment de liesse niçoise prend place pendant deux semaines, attirant ainsi plusieurs milliers de spectateurs. Le carnaval de Nice est d’ailleurs l’un des trois plus grands au monde, derrière celui de Rio et de Venise. Les savoir-faire artisanaux de cet événement ont été classés au Patrimoine culturel immatériel de France.

La première mention du défilé dans cette ville des Alpes-Maritimes, remonte au XIIIe siècle, lorsque le Comte de Provence « vient passer les fêtes de carnaval, dans sa bonne ville de Nice ». En 1873, Andriot Saetone prend l’initiative de créer le « Comité des fêtes » qui s’occupe alors d’organiser les festivités et d’arranger de nouvelles animations: c’est ainsi que le carnaval moderne est créé.

Malgré tout, cet événement n’a pas échappé aux aléas de l’histoire: lors de la Première et Seconde Guerre mondiale, la tradition fut stoppée. De plus, l’édition 2020 a due être écourtée à cause de l’épidémie du coronavirus qui sévit encore à ce jours en France et en Italie.


La parade traditionnelle


Lors de cette fête est consacré le Roi du Carnaval, grande figurine qui défile avec les nombreux autres chars ainsi que son épouse. Il est brûlé lors du dernier jour des festivités, sur la place Masséna. Chaque printemps, l’Office du tourisme trouve un nouveau titre pour le souverain niçois, devenant de cette manière le thème de la manifestation: Roi des cinq Continents, Roi du Sport, Roi de la Musique ou bien Roi de la Mode pour l’édition 2020.

De plus, le festival niçois est accompagné d’un traditionnel « corso », mot d’origine italienne désignant le défilé de chars. Au vu de l’ampleur de la procession, les ensembles commencent à être confectionnés en octobre. Pour connaître quel groupe de carnavaliers réalisera quel type de char, un tir au sort est effectué: vingt véhicules sont ainsi élaborés pour chaque carnaval. Pour fabriquer ces géants animés, la ville fait appel à des « ymagiers », des illustrateurs qui proposent et produisent les pantins et les décorations de chaque attelage. L’une des caractéristiques de la parade niçoise reste la caricature, à laquelle s’adonne joyeusement les créateurs, tout en restant dans les limites du possible et du thème imposé. En laissant libre cours à la créativité de chaque artiste, ces oeuvres sont également le reflet d’un savoir-faire national, qui se transmet et se renouvelle d’années en années.

Cette célébration niçoise propose beaucoup d’activités mais l’une de ses coutumes les plus populaires reste néanmoins la bataille de fleurs.


Celle-ci remonte à 1876, date à laquelle Alphonse Karr, écrivain résidant à Nice et véritable passionné de fleurs, souhaite voir se dérouler cet étonnant spectacle lors de ces fêtes: l’idée est alors mise en place la même année sur la promenade des Anglais. Cependant, de nos jours, le rituel n’a plus lieu et a été remplacé par des jeunes gens qui jettent des gerbes à la foule, perchés sur des chars parés de compositions florales. En outre, 90% des fleurs proviennent des pentes de la région, permettant ainsi de mettre en avant les atouts locaux.

Enfin, la renommée de l’événement s’est établie grâce aux arts de rue: des troupes d’artistes français ou internationaux qui viennent apporter une culture différente aux cortèges, complétés par des groupes de danseurs, jongleurs, acrobates ou animateurs en tout genre.

Ces festivités pleines de couleurs, de musique et de gaieté, rythment ainsi chaque printemps la vie des habitants de la célèbre Côte d’Azur.


Noémie Ducrey


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