Le débat Miss France

A 9 jours de l’élection Miss France 2022, tandis que les 29 candidates se préparent en coulisses, cette élection mythique continue de faire parler d’elle. C’est en effet le 11 décembre 2021 que se tiendra la 92ème édition de l’élection de Miss France 2022 à Caen, en Normandie. Cette émission, désormais considérée comme un rendez-vous annuel à la télévision, a débuté il y maintenant plus de 100 ans, c’était en décembre 1919 qu’Agnès Souret fut élue « La plus belle française ».


Mais voilà, essuyant scandales après scandales, l’élection même est remise en cause.


Crédit Photo : paris-normandie.fr


Des critères jugés trop stricts et ne représentant pas la « femme française »

Se présenter en tant que Miss n’est pas accessibles à toutes, en effet nous retiendrons qu’il faut être une femme française, avoir entre 18 et 24 ans, mesurer au minimum 1m70, posséder un casier judiciaire vierge… Mais c’est surtout ce qu’il ne faut pas être qui pose quelques soucis dans les débats actuels : il ne faut pas être tatouée, ne pas être mariée, pacsée, divorcée ou veuve, ne pas avoir d’enfants, ne pas avoir eu recours à la chirurgie plastique, ne pas fumer ou boire en public ne pas associer son écharpe à une propagande religieuse ou politique, ne pas voir posé dénudée ou promouvoir des activités érotiques. Ce règlement est justifié par le Comité Miss France en tous points pourtant certains internautes dénoncent « une vision rétrograde de la femme » « sexiste et d’un autre temps ».


L’association Osez le féminisme ! a d’ailleurs dénoncé l’élection comme un « spectacle sexiste, discriminant et rétrograde » mais va encore plus loin en déposant un recours aux prud’hommes contre la société Endemol et Miss France pour violation du droit du travail. En effet, ils dénoncent l’absence de rémunération lors de la soirée de l’élection et du mois de préparation que l’association considère comme une prestation de travail. L’association critique aussi et surtout « les clauses sexistes » qui sont imposées aux candidates.


Sylvie Tellier se défendit en affirmant que « les critères ont évolué depuis la création de l’élection pour être plus en accord avec les femmes d’aujourd’hui et correspondre au rôle qui incombe à la future reine de beauté. On porte de l’attention sur la façon de se mouvoir, l’éloquence et le parcours de la jeune femme » Elle ajoute que le test de culture générale et l’allongement du temps de parole sont des éléments à considérer avant de crier au sexisme, elle qui d’ailleurs affirma que l’émission s’était toujours considérée comme féministe.



Un paradoxe chez les spectateurs

Bien que l’organisation Miss France soit critiquée, c’est pourtant bien souvent du public même qu’émergent des vagues de haine sur les réseaux sociaux.


A titre d’exemple, Vaimalama Chaves fut élue en 2019 Miss France, elle fut cependant vivement critiquée sur son poids. Tandis qu’une partie des internautes appelaient à une évolution du concours décomplexifié avec une Miss qui se présenta elle-même unique par ses rondeurs, certains ne furent pas du même avis et critiquèrent sa morphologie jugée non conforme à ce type de concours. Du coté du comité Miss France, aucun doute sur la légitimité de Vaimalama Chaves si bien que Sylvie Tellier déclara que tant qu’elle sera là, on ne pèsera jamais les candidates.


D’autres exemples furent ceux d’April Benayoum, 1ère dauphine 2021 qui fut victime de haine antisémite sur Twitter après avoir dévoilé ses origines israéliennes ou encore Maeva Coucke, Miss France 2019 qui enflamma la toile en affirmant ne pas être véritablement rousse alors que certains jugèrent que c’était ce qui l’avait faite se distinguer des autres.



Pourtant, l’émission est bien loin de trembler face à la vague féministe et les critiques puisqu’elle bat en 2020 son record d’audience avec pas moins de 8,6 millions de téléspectateurs contre 7 en 2019.


En bref, le fameux concours de beauté fait face à un public paradoxal qui désapprouvant les critères d’éligibilité à l’élection Miss France, continue d’être fidèle au programme télévisé. C’est aussi un public très pointilleux qui pour une partie ne s’interdit pas de critiquer les participantes.


L’élection de la Miss France 2022 s’annonce encore une fois au cœur du débat

En tout cas, encore cette année, aucune participante transsexuelle ou transgenre ne fera son entrée dans le concours. En octobre 2018, Sylvie Tellier dévoila qu’elle ne se s’opposerait pas à une candidature transsexuelle mais elle rajouta cependant qu’elle ne pensait pas que les français soient prêts à élire une Miss transsexuelle. De l’autre côté de l’Océan Atlantique, les Etats Unis semblent avoir fait évolué un peu plus le concours de beauté avec Kataluna Enriquez qui est la première femme transgenre élue Miss Nevada qui va participer au concours Miss USA .

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