Le Venezuela au bord du gouffre


Mercredi 23 janvier, le Président de l’Assemblée Nationale Juan Guaido s’est autoproclamé « Président en exercice du Venezuela ». Cet ancien député de 35 ans est devenu en quelques jours le visage de l’opposition au régime. La majorité du continent américain a soutenu cet intérim Présidentiel. La France, l’Allemagne et l’Espagne ont quant à elles annoncé qu’elles valideraient la Présidence de Juan Guaido si de nouvelles élections présidentielles n’étaient pas organisées sous huit jours. Président en exercice depuis 2013, Nicolás Maduro est actuellement soutenu par l’armée, la Russie et la Chine. Très contesté tant dans son pays que sur la scène internationale, ses opposants l’accusent de mettre en péril l’Etat de Droit et le rendent responsable de l’effondrement économique du pays.

Le pouvoir à tout prix

Lorsque Hugo Chavez meurt, Nicolás Maduro, proche du défunt, prend la relève. Au fil du temps et alors que sa côte de popularité est en chute libre, Maduro durcit le ton et instaure un pouvoir autoritaire. Très contesté depuis 2017 et l’élection d’une Assemblée Constituante entièrement acquise à sa cause, de violentes manifestations ont régulièrement lieu pour réclamer son départ. Une répression sanglante est exercée à l’encontre des manifestants. De mars à juillet 2017 plus de 100 personnes ont perdu la vie alors qu’elles protestaient contre le Président Maduro. En mai 2018, Nicolás Maduro est tout de même réélu après avoir écarté du processus électoral les deux principaux partis d’opposition. Au terme des élections, l’Union Européenne et les Etats-Unis ont considéré qu’elles « ne présentaient pas les garanties nécessaires à un scrutin démocratique ». Le coup d’éclat de Juan Guaido confirme et renforce le climat de tension déjà présent dans le pays.

Une économie en perdition

Alors que le Venezuela possède les plus importantes réserves pétrolières du monde, le pays se trouve actuellement dans un chaos économique sans précédent. La chute des prix du pétrole de près de 50% en quatre ans plonge ce pays rentier dans une crise profonde. D’après le FMI, le PIB a reculé de 18% en 2018 et plus d’un tiers de la population active est au chômage. L’hyperinflation et les fortes pénuries ne font qu’aggraver une situation déjà désastreuse où neuf vénézuéliens sur 10 vivent dans la pauvreté. Les vénézuéliens peinent ainsi à se nourrir et se soigner. Les produits de première nécessité sont jour après jour de plus en plus difficiles à trouver. Des maladies disparues telles que la diphtérie et la rougeole réapparaissent. Des milliers de familles se retrouvent à la rue, sans espoir d’un avenir meilleur.

L’exil comme unique solution

Dans une situation où crise politique et économique s’entremêlent, de nombreux vénézuéliens décident de quitter le pays. La majorité des migrants et réfugiés vénézuéliens se dirigent vers la Colombie ou le Pérou. Selon l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés, environ 5,3 millions de personnes auront quitté le Venezuela fin 2019, faisant de cet exode l’un des plus importants de l’histoire de l’Amérique latine. La question qui se pose désormais est celle de l’accueil des vénézuéliens à l’issu de leur migration. A l’heure où les pays frontaliers du Venezuela ferment leurs frontières et durcissent les conditions d’accès à l’asile, le sort des vénézuéliens semble incertain.

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