Les kebabs sous le viseur de l’Union Européenne


Photo via Flickr user mattweibo

310 millions. Voici le nombre de kebabs consommés par an par les français. Depuis le 5 décembre dernier, on compte déjà 293 millions « grecs » engloutis. La France dispose de 11 000 restaurants kebabs, un joli succès montré par les 1,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires de ce secteur. Avec un prix moyen de 4,86 euros (sans les frites et boisson évidement) le döner kebab est un marché en constante progression. Cependant, certaines réticences de l’Union Européenne font trembler le monde de la broche.

Récemment l’Union Européenne s’est penchée sur le dossier des kebabs. Et plus particulièrement sur la présence de phosphates dans ces derniers pour rendre la viande plus « moelleuse et savoureuse ». Une des raisons de leur inquiétude à l’égard du phosphate est qu’il serait lié à des causes de maladies cardio-vasculaires et à un taux plus élevé de mortalité. Cependant, d’autres membres de la communauté scientifique rejettent ces allégations en se basant sur différentes études. La Commission de la Santé du Parlement Européen a en effet voté le 28 novembre dernier contre une proposition de la Commission européenne qui souhaitait autoriser l'utilisation de phosphates dans les kebabs.

Pas de panique à bord

L’enjeu est colossal sachant que l’industrie du kebab représente plus de 200 000 emplois dans toute l’Europe. J’entends déjà les cris alarmistes « est-ce la fin du kebab ? », que nenni. En effet, comme nous le dit Baptiste Chatain, ce véto n’aura que pour seul effet d’interdire l’ajout de phosphate dans les kebabs, une mesure presque inutile sachant qu’il existe déjà une législation interdisant la présence de phosphate dans la viande de kebab gelée. Néanmoins, le nombre d’exceptions fait qu’en pratique le phosphate est bien présent officieusement dans certaines viandes de kebab dû à un trou juridique sur ce sujet.

Le vote final de la commission a eu lieu le 13 décembre dernier dans l’objectif de s’opposer à la reconnaissance de l’utilisation de ces phosphates. Or, la Commission de la Santé s’est retrouvée en position de faiblesse dû au manque de trois voix lors du vote en séance plénière pour que la proposition de résolution du Parlement européen passe. Cependant, pour calmer les ardeurs de certains commissionnaires, l’Autorité Européenne de sécurité des aliments a décidé prochainement de refaire un rapport complet sur la présence et les effets du phosphate en tant qu’additif.

Le kebab a donc encore de beaux jours devant lui et pour notre plus grand plaisir !

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