Loi Sécurité Globale : Retour sur le rassemblement lillois de samedi


Photos de Louise Fournier



Samedi dernier, entre 1400 et 4000 personnes se sont réunies place de la République à Lille afin de protester contre la loi Sécurité Globale et, plus largement, défendre leurs libertés.


Suite à l’appel national contre la controversée loi Sécurité Globale, les Lillois se sont donné rendez-vous sur le parvis des Droits de l’Homme afin de faire entendre leurs voix. Précédé d’un rassemblement à l’appel du Club de la Presse des Hauts-de-France, collectifs, partis politiques, syndicats et associations se sont réunis afin de défendre la liberté de manifester, celle de la presse mais également de dénoncer les violences policières et la nouvelle loi.


Dès 13 heures, la foule était déjà dense. « Darmanin démission », « floutage de gueule », « Big Brother is watching you » ou encore « Sécurité Globale, impunité totale » faisaient partie des slogans fièrement brandis par les manifestants.




De nombreux signataires de cet appel se sont ensuite succédé au mégaphone. Les revendications, bien que dénonçant la loi Sécurité Globale, étaient cependant à l’image de la foule : diverses. Alors qu’Europe Ecologie Les Verts plaidait pour une réorganisation de la police et de l’IGPN[1] parce que « nous avons besoin d’eux », certains organisateurs et citoyens avaient des propos bien plus radicaux. « ACAB[2] » lança par exemple une mère, dont l’enfant a été tué par un train alors qu’il tentait d’échapper aux forces de l’ordre[3]. Les revendications s’écrivaient ici au pluriel mais les libertés étaient défendues à l’unisson.

Cette diversité d’opinions se faisait également entendre à travers les nombreux slogans scandés par la foule : « tout le monde déteste la police », « Darmanin démission », « police partout, justice nulle part » ou encore « liberté » ont résonné sur cette place de la République pendant plus d’une heure.


La situation s’est ensuite tendue. Alors qu’un cortège s’était formé afin de poursuivre la manifestation dans les rues de Lille, les policiers se sont déployés afin d’empêcher n’importe quel défilé. Dans la foulée, les premiers jets de gaz lacrymogène ont été lancés. Un long face-à-face s’est ensuite déroulé entre une dizaine de policiers empêchant l’accès rue Gauthier de Châtillon et un large groupe de manifestants.

Un second cortège en a profité pour tenter de s’introduire rue de Béthune, faisant face, une fois de plus, à un large dispositif policier qui encerclait alors toute la place. Après de longues minutes de confrontations visuelles et verbales, des gaz lacrymogènes ont été utilisés à plusieurs reprises afin de disperser les manifestants et mettre fin au rassemblement, qui est donc resté statique.


L’Union syndicale solidaires (Nord) a dénoncé « un déploiement inconsidéré de forces répressives » et a appelé à « poursuivre toutes et tous la lutte [contre la loi Sécurité Globale], dans l’unité, jusqu’à son abrogation ». Abrogation qui n’est apparemment pas à l’ordre du jour puisque l’exécutif a demandé la réécriture totale de l’article 24, visant à punir la diffusion d’images malveillantes des forces de l’ordre.


Les rassemblements risquent donc de se multiplier et de perdurer puisque, partout en France, de nombreuses manifestations sont déjà organisées samedi prochain. À Lille, le rendez-vous est donné à 13h30, Porte de Paris.




Louise Fournier



[1] Inspection Générale de la Police Nationale surnommée la « police des polices » [2] « All Cops Are Bastards » (Tous les flics sont des salauds). [3] https://actu.fr/hauts-de-france/lille_59350/deux-jeunes-tues-par-train-lille-presence-la-police-confirmee_14627338.html

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