Mon expérience Erasmus en Macédoine du Nord… Pendant la pandémie du Coronavirus


Crédits : Reporters sans Frontières

C’est le 11 septembre 2020 que j’ai posé mes valises dans ma colocation, située au bas de la montagne Vodno à Skopje en Macédoine du Nord. Au vu de la situation sanitaire mondiale, je me sens extrêmement chanceuse d’avoir pu participer à cet échange.

La Macédoine est un petit pays enclavé, d’environ deux millions d’habitants situé dans la péninsule des Balkans. Ses voisins, avec qui le pays partage une histoire commune, sont la Serbie, l’Albanie, la Grèce, la Bulgarie et le territoire au statut contesté du Kosovo. De par son histoire, on retrouve sur tout le territoire macédonien des traces d’influences ottomanes ainsi que des vestiges de son passé au sein de la Yougoslavie de laquelle elle s’est émancipée en 1991. Ses principales figures (souvent contestées) sont Alexandre Le Grand et Mère Térésa. En 2010, le gouvernement de l’époque a financé un vaste projet de construction et d’aménagement du centre de Skopje, nommé « Skopje 2014 ». L’objectif était de redonner un autre visage à la ville, détruite par le tremblement de terre de 1963. L’aspect de l’ensemble des bâtiments est très moderne, cependant, plusieurs Macédoniens que mes amis et moi avons rencontrés nous ont confié qu’ils n’aimaient pas du tout les changements. On y retrouve des influences occidentales telles qu’une reproduction de l’arc de triomphe (Macedonian Gate) ou du Taureau de Wall Street. Par ailleurs, de nombreux bâtiments sont loin d’être achevés. Les Macédoniens sont accueillants, gentils et ouverts à la discussion. La perspective de ne pas me faire comprendre m’effrayait au départ. Mais cette peur n’avait finalement pas lieu d’être : les Macédoniens parlent très bien anglais (et beaucoup allemand, car de nombreux jeunes vont travailler en Allemagne) et sont très intéressés de savoir pourquoi nous vivons à Skopje. Les religions dominantes sont l’Islam et le christianisme orthodoxe, qui semblent très bien cohabiter. Néanmoins, le pays a deux problèmes majeurs : la corruption et la pollution (notamment à cause des nombreuses vieilles voitures qui circulent dans la ville et de la non-gestion des déchets). Rencontrer de nouvelles personnes

Au-delà d’une destination, Erasmus c’est d’abord des rencontres. À cause du Covid, peu d’étudiants étrangers ont pu venir et les opportunités de rencontrer des élèves macédoniens étaient limitées comme les cours se tenaient en ligne. Alors c’est un petit groupe d’étrangers que nous avons formés. Neuf personnes, cinq nationalités différentes. Et pleins de discussions sur l’échange des cultures, sur les différences entre nos pays, mais surtout, le sujet numéro un était de loin la nourriture. Visiter les Balkans

J’ai aussi eu la chance de voyager en Macédoine, en Albanie, au Kosovo et en Serbie. L’Albanie est un pays marqué par quarante ans de dictature et aux paysages magnifiques. La côte est très prisée des touristes en été, surtout le sud. Les bâtiments sortent tout droit de l’ère soviétique, mais avec quelques touches de couleurs. Le Kosovo, dont la monnaie locale est l’euro, est sûrement l’un des pays les moins chers des Balkans. Sa capitale Priština a une forte influence américaine : grands buildings et longues avenues. J’ai préféré la petite ville de Prizren, plus historique, avec ses vingt-neuf minarets et sa forteresse qui domine la vieille ville. Enfin, gros coup de cœur pour Belgrade, la capitale de la Serbie. La cité blanche (traduction de Belgrade) a été bombardée quarante-quatre fois dans son histoire, et reconstruite toute autant de fois. Cela se voit dans son architecture détachée, mais tout aussi attachante. L’atmosphère était joyeuse et conviviale, et je ne sais comment l’expliquer, mais je me serais bien vue y vivre pendant quelques mois. De son histoire au sein de la Yougoslavie, Belgrade garde des bunkers qui n’ont jamais été utilisés. D’autres pays des Balkans sont également intéressants et j’adorerais revenir dans la région pour visiter le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine par exemple. J’ai adoré mon expérience Erasmus à Skopje et je me sens chanceuse d’avoir pu vivre ces quatre mois dans ces temps difficiles. Beaucoup me disent que j’étais mieux là-bas qu’en France (ce qui est surement vrai) car je pouvais aller dans les restaurants, dans les bars, au cinéma et voyager d’un pays à l’autre. Pour cette superbe opportunité et la gentillesse des Macédoniens je n’ai qu’un mot : blagodaram (merci en macédonien, je vous épargne l’écriture cyrillique).


Marie Delalande



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