MUN - Récap' de la première journée de débat


Aujourd’hui commençait le MUN d’ESPOL. Plusieurs groupes d’étudiants se rassemblent dans trois comités différents afin de débattre sur des sujets tels que la censure des médias, le sort des femmes dans le monde et la gestion de crises.

Vos équipes du Canari s’infiltrent au sein des comités SOCHUM et UNWOMEN pour vous faire part des débats les plus ardents du conseil des Nations Unies… d’ESPOL.

Voici le récap de la journée :


SOCHUM : Media censorship

La journée débute avec plusieurs “moderated caucus” durant lesquels les délégations ont un temps limité pour s’exprimer sur des enjeux spécifiques, journalistiques et médiatiques. Ainsi, les sujets évoqués sont, entre autres, “Amnesty International in international affairs” par la République Populaire de Chine, “solution to censorship” par le Maroc, “treatment of journalist” par la Colombie et enfin “fake news and disinformation in the media” par les Etats-Unis.

Les débats aboutissent rapidement, et sans surprise, à une confrontation Etats-Unis contre Chine, qui semble s’aligner aux positions de la Russie. En effet, pour la Chine, les journalistes sont des fauteurs de troubles à l’égard du gouvernement national. L’unique source d’information fiable devrait être le gouvernement pour le bien du pays. A l’inverse, les Etats-Unis sont intraitables quant aux libertés de la presse et d’expression, et surtout, défendent leurs valeurs en insistant sur la menace que représentent les fake news pour la démocratie.

L’ambiance de la matinée est prospère et les débats constructifs, bien que chaque pays demeure inflexible pour le moment.

L’après-midi s’annonce néanmoins différente et les altercations plus ardentes. La Corée du Nord, qui se joint tout juste au comité, annonce tout de suite la couleur : une alliance avec l'Erythrée et la Chine. Cette dernière propose un “unmoderated caucus”, qui est accepté par les autres délégations. Ce temps permet aux apprentis diplomates de se réunir par groupes pour discuter de manière plus informelle et moins limitée dans le temps et surtout, d’établir des accords en vue de l’écriture des résolutions qui seront votées demain. Très vite, les chuchotements se transforment et les voix s’élèvent, certaines plus que d’autres. Finalement, au vu des différences et des tensions trop importantes entre les pays représentés, le consensus est impossible à atteindre. Les présidentes du comité demandent donc un retour aux “moderated caucus”.

L’Allemagne lance alors le premier débat qui concerne l’enjeu très controversé des lanceurs d’alerte. Faisant face, dans un premier temps, à la Corée du Nord, La Russie et la Chine, elle est rapidement supportée par les Etats-Unis, le Japon et le Canada. Ces conflits d’intérêts se font sentir tout au long de la journée, qu’ils concernent la liberté d’expression et la religion, ou encore la collaboration entre les pays pour l’enquête sur les crimes contre les journalistes. Les positions très arrêtées des délégations bloquent la progression des négociations. Seront-elles capables de s’entendre pour le vote des résolutions ?

Affaire à suivre...


Comité UN Women : chosification et libre arbitre des femmes

Les chaires Jade Lemoine et Jeanne Bellocq ont ouvert le comité avec un discours sur la situation actuelle des femmes dans le monde. Elles ont mis l’accent sur l’urgence de la situation, alors que 75% des victimes de trafic sont des femmes, que beaucoup trop meurent encore sous les coups de leurs (ex) conjoints, et que le droit d’avortement, pourtant acquis, est remis en cause dans des pays développés. Ces divers sujets guideront les discussions au cours du week-end.

Les pays représentés étaient la Finlande, l’Islande, Israël, le Mexique, le Maroc, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Canada et les États-Unis. Une déléguée de Simone S'Éveille était également présente pour modérer le débat et apporter des faits.

La séance de négociations s’articule en plusieurs caucus proposés par les délégués.

Voici les caucus présentés:


First moderated caucus: Empowering Women in Politics

Simone S’Éveille a commencé par rappeler l’importance du travail d’équipe. Un consensus s’est alors dessiné sur le fait qu’il fallait rendre l’accès aux postes gouvernementaux plus aisé pour les femmes. Un autre consensus a été atteint attestant alors que l’efficacité restait plus importante en politique qu’une stricte parité artificielle et ainsi restait un critère majeur.

D’un autre côté, l’Arabie Saoudite et Israël ont avancé le fait que la religion est supérieure à la loi dans leur pays. Simone S’Éveille a alors rappelé que les droits des femmes ne sont ni une question d’héritage culturel ni de religion, mais de droits humains. L’association fut rejointe par la Finlande qui a, elle, avancé que la religion n’était pas incompatible avec le féminisme.


Second moderated caucus: Religion and Women’s Rights

La Finlande a voulu comprendre pourquoi la religion de certains pays constituait un obstacle à l’égalité entre femmes et hommes. L’Arabie Saoudite a alors expliqué que les textes religieux avaient valeur de loi, et qu’une interprétation contemporaine pouvait permettre d’élargir ces droits mais qu’elle devait rester en accord avec les textes. D’autres pays ne peuvent leur demander de changer leurs traditions et croyances d’un coup.

La Nouvelle-Zélande a avancé l’argument que tous les pays ont des valeurs religieuses et traditionnelles, mais que les droits humains doivent rester prioritaires. La déléguée a également expliqué que nous n’étions pas là pour parler des différences mais pour trouver des solutions communes. Il fallait alors offrir aux femmes des opportunités pour qu’elles se sentent aussi valorisées et capables que les hommes. L’Islande a complémenté cet argument par la notion d’inaccessibilité à certaines positions. Elle mentionne aussi l’importance de l’éducation dans le but de sensibiliser les hommes.


Third moderated caucus : Sex Education

Les États-Unis ont basé leur argumentation sur la prévention sur les maladies sexuellement transmissibles. Simone S’Éveille, accompagnée de l’Islande, a donc rappelé l’importance d’éduquer sur le consentement.


Fourth moderated caucus: The gap salary between men and women

A l’intérieur de ce caucus, plusieurs aspects ont été abordés : l’Islande a développé l’importance de congés de maternité et paternité. Une unanimité se faisait ressentir parmi les délégations, excepté pour l’Arabie Saoudite estimant que cela serait discriminant pour les hommes. Plus tard, Simone S’Éveille a insisté sur le fait que les femmes afro-américaines et latino-américaines étaient les premières à souffrir des inégalités salariales. Les États-Unis ont alors proposé de remédier à ce problème à l’aide de réductions d’impôts pour encourager les entreprises à embaucher des femmes issues de minorités.


Last moderated caucus: The right of abortion

Les Pays-Bas ont ouvert le débat en expliquant que l’avortement ne devrait pas être limité aux cas de viol ou aux problèmes médicaux, mais devrait également prendre en compte la volonté de la femme. Simone S’Éveille a ajouté que l’avortement était lié à l’éducation sexuelle, et que la protection des femmes devait passer avant les intérêts des différents gouvernements. Ces propositions ont été soutenues par l’Islande, qui insiste sur le fait que les gouvernements ne doivent pas être normatifs sur ce sujet. C’est l’Arabie Saoudite qui se démarque par sa position particulièrement anti-avortement, considérant que l’avortement une atteinte au droit à la vie.

Après ces longues heures de négociations, les délégués ont alors démarré un Unmoderated Caucus pour commencer l’écriture de résolutions. Nous vous donnons donc rendez-vous demain pour suivre l’adoption de ces dernières.


Disclaimer: les opinions présentées par les délégués ne reflètent pas toujours la position exacte des pays concernés, ou même leurs propres opinions, puisqu’il s’agit d’une simulation étudiante.


La rubrique internationale du Canari

0 vue0 commentaire

Posts récents

Voir tout