New-York Times endorsement

C’est dans un climat politique instable (Iran, impeachment du président Trump) que vont dans deux semaines débuter les primaires du parti démocrate américain. Le but ? Trouver le candidat qui sera capable de remporter la présidence afin de pousser Trump hors du bureau ovale de la maison blanche. Mettre le doigt sur ce candidat est en revanche loin d’être chose facile, cette primaire étant de proportions historiques, et ce pour plusieurs raisons : la course pour 2020 est la plus ethniquement diverse de l’histoire, celle où l’on trouve le plus de candidats (vingt-huit candidats en tout, dont douze démocrates encore en course au 17 janvier, après plus de seize désistements – parfois surprenants, tels que celui de K. Harris, candidate ayant pourtant commencé fort avec plus de onze millions de dollars récoltés pour sa campagne, mais ayant perdu en vitesse après juillet 2019). 



Et c’est dans ce climat inhabituel que les quotidiens américains, comme le veut la tradition, ont commencé à annoncer leurs supports pour certains candidats. Dimanche dernier, le quotidien américain The New York Times (second journal du pays) a dévoilé le candidat qu’il allait soutenir. À la surprise générale, le quotidien a soutenu non pas une, mais deux candidates : les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchard. L’une plus progressiste, l’une plus modérée : la rédaction n’ayant pas pu trancher entre les deux approches a donc préféré nommer deux candidates. Mais bien que ce soutien ne soit pas insignifiant, les sénatrices sont loin d’avoir des chances égales de remporter la course : Warren est actuellement troisième dans les sondages les sondages étant en légère hausse après sa confrontation la semaine dernière avec le candidat Bernie Sanders, derrière Joe Biden (leader actuel, avec 26%* des voix, quoiqu’en légère baisse) et Bernie Sanders (second dans la course avec 19%). Elle réunirait environ 16% des intentions de vote à l’échelle du pays. Klobuchard occupe pour sa part la sixième place, avec 4% des votes. Les deux sénatrices sont cependant qualifiées pour le débat télévisé du 7 février, qui a le potentiel de renforcer les candidatures de ces dernières en cas de bonne performance. Biden, Sanders, Buttigieg et Steyer seront aussi présent à l'inverse de Bloomberg, pourtant cinquième dans les sondages (et soutenu par deux fois dans le passé par le New York Times).


Mais une question se pose : Pourquoi le quotidien a-t-il fait le choix de soutenir deux candidates entre la troisième et la sixième place au lieu de soutenir le leader actuel Joe Biden, ou même le très populaire Bernie Sanders (second à la primaire de 2016, ayant perdu face à Hillary Clinton) ?


Bien que Joe Biden, ancien vice-président des États-Unis sous Obama soit populaire dans les urnes, il n’est cependant pas vu comme le candidat idéal. Dans une ère ou la politique américaine se fait de plus en plus partisane et vocale, une figure plus conservatrice de la gauche ne semble pas adéquate pour faire de l’administration Trump un simple souvenir. À l'inverse, Sanders se situe totalement à l’opposé de cela : le sénateur de 79 ans ne fait pas de compromis, sa vision est définie, forte et bien plus socialiste que celle à laquelle les démocrates sont accoutumés. Et sans sa crise cardiaque d’Octobre, ayant remis en question sa capacité à assumer le rôle de président, « Bernie » aurait sans doute obtenu le soutien (ou bien l’un des soutiens) du Times. Mais à la suite de cet incident, Warren (70 ans), elle aussi très progressiste et socialiste, plus apte au compromis mais tout aussi avide de changement – particulièrement sur le plan économique semble un meilleur choix. Mais qu’en est-il d’Amy Klobuchard ?


Klobuchard est sans doute la vraie surprise de cet article. Vue comme une alternative à Biden, elle incarne une nouvelle version plus fraîche du centre démocrate. Bien qu’elle soit plus enclin au compromis que Warren, Amy Klobuchard pose en premier plan des causes importantes pour les démocrates (en particulier le changement climatique, la sécurité sociale et la gratuité de l’université publique). Mais si sa modération et son passé de compromis bipartisans font d’elle une candidate intéressante, les chances qu’une administration Klobuchard voit le jour restent faibles. Mais attention aux sondages : en 2016, on disait la même chose de l’actuel président... affaire à suivre !


Joris Poure


*Données du Democratic National Committee, datés du 17 Janvier

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