Pollution en Inde, reflet d’une situation plus qu’alarmante


Quelles images vous viennent en tête quand on vous parle de l’Inde ? Le Taj-Mahal ? La beauté de lieux à couper le souffle ? Le choc culturel que l’on ressent quand on s’y rend ?

Et bien l’Inde est malheureusement aussi associée aujourd’hui à son extrême pollution. L’actualité est brûlante à ce sujet, et la situation ne semble pas aller en s’améliorant.


L’un des secteurs touché par cette pollution intense est l’eau. L’eau a paradoxalement un statut spécial et à part en Inde, puisqu'elle joue un rôle purificateur dans l’hindouisme, première religion du pays, avec notamment les sept rivières sacrées.


La situation du Gange est le parfait exemple de cette dualité entre beauté et désastre. Ce nom vous dit sûrement quelque chose puisque c’est celui du plus célèbre fleuve indien. Ce dernier est en effet sacré, lieu de nombreux rituels et porteur de bien-faits pour les hindous. Il fait notamment l’objet de bains rituels lors du plus grand pèlerinage de la planète, la « Kumbh Mela », pour lequel plusieurs millions de personnes se déplacent.

Mais depuis déjà plusieurs années, ses eaux sont particulièrement exposées à la pollution. Cette situation est dramatique du point du vue environnemental, car elle témoigne d’une pollution extrême, mais aussi du point de vue humanitaire car elle a des conséquences immédiates sur les populations locales. Les millions de fidèles et pèlerins profitent de ces eaux considérées comme miraculeuses en s’y baignant ou même en la buvant. Mais les divers débris, produits chimiques, métaux lourds, carcasses de poissons de ce fleuve représentent un danger qui intoxique lentement mais sûrement ceux qui s’y approcheraient de trop près.

La difficulté d’accès à l’eau, et notamment à l’eau potable, est une des nombreuses conséquences de cette situation. Détenant 4% des réserves d’eau mondial pour 16% de la population, l’Inde est sujet à une importante pénurie.


Très récemment, c’est la présence de mousses à l’allure d’une fraiche couche de neige qui ont été retrouvées en Inde, notamment sur la rivière Yamuna à New Delhi. Malgré son apparence, cette mousse provenant de l’accumulation de produits chimiques, est très toxique et dangereuse pour la santé. Mais la rivière Yamuna faisant partie des sept rivières sacrées d’Inde, les populations locales continuent d’y faire un lieu de culte en s’y baignant lors de divers rituels, notamment le week-end dernier pour célébrer le festival de Chats Puja, un hommage au dieu-soleil. Triste ironie puisque cette mousse est inflammable au contact du soleil…


La pollution de l’air est également un enjeu majeur en Inde. New Delhi connait par exemple actuellement une crise de pollution de son air, avec des pics atteignants des sommets jusqu’alors jamais rencontrés (l’air de Paris contient autour de 14 microgrammes de particules fines par mètre cube d’air, là où New Delhi en cumule près de 1000). Ces pics de pollution sont monnaie courante pour cette ville. Arvind Kejriwal, ministre en chef de Delhi, avait qualifié la ville de « chambre à gaz », et le bilan de ces derniers jours est particulièrement inquiétant.


L’Inde, carrefour des religions, joyau culturel est aujourd’hui la réelle victime d’un système global dont elle n’est pas l’unique acteur. Ce pays doit être reconsidéré et sauvé avant qu’il n’empoisonne ses propres habitants. Entre préservation de sa culture, pauvreté d’une partie de sa population, problèmes environnementaux et désir de croissance et développement, les décisions prises par le gouvernement indien pour faire face à ces enjeux ne se retrouvent que très peu concluantes. Ce désastre aux échelles plurales doit être traité dans sa globalité à la fois par une prise de conscience, et par de réels changements à travers des mesures autant locales que mondiales, à commencer par le fait de revoir nos manières de vivre et de consommer.


Lucie Girardin

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