Récap' de la deuxième journée des débats

Après une belle soirée de gala organisée par les équipes d’ESPOMUN, les débats reprennent rapidement et les délégations se recentrent sur leurs objectifs.


SOCHUM :


Dès le début de la matinée, la Russie propose un unmoderated caucus pour lancer des discussions de groupe, motion qui est renouvelée une fois. Les délégations se rassemblent alors pour discuter et préparer les stratégies de la matinée. La salle est bipolarisée : d’un côté la Chine, la Russie, l’Erythrée et l’Indonésie, de l’autre les Etats-Unis, la Colombie, le Japon, l’Allemagne, Canada, Maroc, Grèce.

Un moderated caucus est lancé afin que les groupes puissent présenter leurs résolutions.

L'Allemagne, la Colombie, le Maroc et les Etats-Unis, soutenus par le Japon, le Canada et la Grèce, se réfèrent principalement à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sur la liberté d’expression et d’opinion.

Ils cherchent principalement la protection des journalistes et la coopération internationale afin de résoudre ce problème. Toutefois, la Colombie insiste sur l’importance pour les Etats de s’entraider pour mettre en place des dispositifs contre la désinformation.

La Russie et la Chine, alliées à l’Erythrée et l’Indonésie, prennent quant à elles des orientations bien différentes. Si la coopération internationale est également encouragée, ses objectifs divergent. Celle-ci viserait à protéger les journalistes mais également à collaborer face à leur impunité tout en restant dans la limite de la souveraineté nationale des Etats. De plus, l’alliance souhaite que seuls les journalistes ayant reçu un certificat du gouvernement puissent exercer la profession. Elle insiste également pour que la censure soit autorisée dans certains cas, et surtout, maintient la nécessité de réguler le contenu des informations. Néanmoins, cette dernière coalition n’étant pas suffisamment forte, ce sont les propositions de la première alliance qui sont discutées.

Après d’intenses heures de négociations portant sur des détails de grande importance pour les pays concernés, des amendements sont formulés puis votés les uns après les autres. Les délégations trouvent finalement un consensus. Sans surprise, ces sont les Etats-Unis qui parviennent à imposer le plus de modifications au sein de la proposition initiale, malgré les nombreux essais de la Chine, trop peu soutenue.

Les grandes résolutions adoptées se traduisent donc par un statut international pour les journalistes en zone de guerre, la protection des journalistes hors de leurs frontières, une protection légale des lanceurs d’alerte et de leur importance dans la société.

Ainsi, les débats fougueux du comité SOCHUM touchent à leur fin. Les délégations ont pris leur rôle très à cœur, ce qui a permis de rendre les discussions constructives et très animées, à la hauteur de l’enjeu disputé.

UNWomen :


Après les négociations enflammées de la veille et l’écriture de deux résolutions, le comité UN Women s’est retrouvé ce dimanche pour procéder aux votes.

Vous pouvez retrouver les résolutions ici:

https://docs.google.com/document/d/1XsplEPhrKrr2DwWH9uccek_i9f8QHGcgEcYjfyKl4ZQ/edit?usp=sharing


La première résolution était présentée par les États-Unis, l’Arabie Saoudite, Israël, le Maroc et l’Inde. De nombreuses clauses ont été débattues, notamment une d’entre elles qui demandait à reconnaître la spécificité de certains pays religieux afin qu’ils puissent rester en accord avec leurs traditions au moment d’appliquer, ou non, les résolutions de l’ONU. Pour la Finlande et Simone S'Éveille, une telle clause était trop permissive puisqu’elle aurait pu servir à justifier de nombreuses atteintes aux droits des femmes. La clause a finalement été supprimée, ce qui a entraîné une décision de l’Arabie Saoudite de ne plus voter sur sa propre résolution.

Un débat s’en est suivi sur la question des genres à inclure dans la résolution. L’Arabie Saoudite a affirmé n’en reconnaître que deux, alors que la Finlande et Simone S'Éveille ont insisté pour inclure les cinq genres reconnus par l’ONU. La question est restée en suspens, et sera au cœur de la deuxième résolution.

La résolution a tout de même été votée, malgré l’opposition de l’Arabie Saoudite et des États-Unis, qui regrettaient la suppression de la clause sur la religion.


La deuxième résolution a été présentée dimanche après-midi par l’Islande, la Nouvelle-Zélande et la Finlande.

Une première tension s’est dessinée autour de la question de l’avortement. L’Arabie Saoudite voulait en effet supprimer toute mention de l’avortement dans la résolution, ce qui a été refusé par la majorité du comité.

La question des genres est revenue sur la table avec la clause n°7 qui traite de la possibilité d’appliquer le principe de “circonstances atténuantes” lors d’un cas d’homicide entraîné par des années de souffrance. En effet, la première version ne parlait que des femmes maltraitées par leurs conjoints; un amendement a donc été proposé, et accepté, pour inclure tous les genres. Le débat sur cette clause ne s’est pas arrêté là, puisque l’Arabie Saoudite, les États-Unis et Israël ont voulu débattre sur le fait qu’elle risquait d’encourager le meurtre, mais la majorité n’a pas retenu cette interprétation.

Continuant à confronter les autres délégués, l’Arabie Saoudite a proposé la création d’un comité “UN Men” pour traiter des violences domestiques à l’encontre des hommes. Cette proposition a été rapidement rejetée par les autres pays qui ont considéré qu’elle n’était pas pertinente.


Après que les États-Unis ait évoqué la ressemblance entre les deux résolutions, les délégués sont passés au vote de la résolution présentée durant l’après-midi. Malgré l’opposition de trois délégués, cette dernière a également été adoptée.

Avec le vote de ces deux résolutions, le comité a donc atteint son but en réussissant à former un consensus entre les différents pays représentés. Ainsi se conclut la session du comité UN Women, qui aura mis l’accent sur l’instauration de programmes d’éducation sexuelle, sur l’installation de cliniques d’avortement sécurisées, et sur l’importance de valoriser les femmes en renforçant leur image d’elles-mêmes et en condamnant les discriminations.

Ce weekend sous le signe de la diplomatie a été intense mais s’est déroulé à merveilles pour les étudiants. Lors de la cérémonie de clôture, certains se sont vus remettre des certificats d’excellence symbolisant leur travail et leurs très bonnes aptitudes diplomatiques. Chaque participant en garde un très bon souvenir grâce aux efforts de l’ensemble de l’équipe d’ESPOMUN. Merci à eux et à l’année prochaine !


La rubrique internationale

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