Réforme des retraites : où en sommes-nous ?



Il fut un temps que les plus jeunes n’ont pas connu, où il était encore possible de boire une Chouffe en terrasse, accompagnée de cacahuètes trop salées. Plus simplement, de se mouvoir d’un point A à un point B sans être contraint de regarder sur Internet si la distance les séparant est bien inférieure à 10 kilomètres. Mais encore, ne pas passer d’apéritif en tête à tête avec Jean Castex un jeudi sur deux. Bref, la liste est longue … Retour en janvier2020, où seuls les scientifiques savaient ce qu’était le Coronavirus (sans remettre en cause votre culture générale, néanmoins). Avant que la quasi-intégralité des médias et de l’opinion publique ne discutent du nouveau variant en progression ou des phases de déconfinement précédant le futur re-reconfinement, de quoi parlait-on? Rappelez-vous, la réforme des retraites était la véritable star suscitant débats, controverses et polémiques. Beaucoup de choses ont été entendues: une retraite à points, un âge pivot, la pénibilité, etc. Alors, plus d’un an après son éviction de la scène politique par la pandémie, quel avenir ou changements pour cette réforme ? Tout d’abord, il convient de revenir sur ce qui est déjà acté la concernant. Le 29 février 2020, le gouvernement, par recours à l’article 49-3, a engagé sa responsabilité sur un projet de loi relatif à un système universel pour les retraites. On en retiendra quelques points majeurs, non-exhaustifs parmi lesquels: la fin d’un système composé de 42 régimes pour adopter l’universalité ; la mise en place de points pour le calcul des pensions de retraite, l’âge légal de départ à la retraite fixé à 62 ans et une retraite équivalente à, au moins, 85% du SMIC. Aujourd’hui, il faut bien reconnaître que l’avancée des discussions et du processus décisionnel est à l’arrêt. Ce n’est pas très rassurant comme le souligne la fondation IFRAP, au regard de l’accroissement de la dette publique suite à la crise sanitaire et du vieillissement de la population. En réalité, cette réforme des retraites peut être divisée en deux axes : l’équilibre des finances publiques et la suppression des régimes spéciaux pour un système plus universel. Notamment, c’est ce dernier point qui motive le Président de la République à réformer,davantage que la situation des finances de l’État. Mais une tension existe : il y a un besoin à réformer pour assurer une viabilité budgétaire comme l’a souligné le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, le 26 avril 2021, mais Emmanuel Macron ne prendra pas le risque de raviver les débats à un an de l’échéance présidentielle. Probable candidat à sa propre succession à la tête de l’État, la réforme des retraites devait entériner le volet réformiste du Président avant d’entamer un volet plus social composé de mesures plus légères. Nul doute que relancer un tel chantier,avec tant d’interrogations et d’oppositions qui subsistent, n’est pas envisagé avant l’élection présidentielle de 2022.


Ainsi, le futur et le contenu exact de la réforme des retraites sont liés à la réélection ou à la défaite du président sortant, mais aussi au premier ministre nommé et haut-commissaire aux retraites, pour ne citer qu’eux. De nombreux enjeux font durer le suspense : par exemple, la mise en place d’un âge pivot avait suscité de vives critiques avant d’être retiré à titre provisoire. Ce point était cher à l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe.


Qu’en sera-t-il au lendemain de la Présidentielle ou en 2023 ? L’âge pivot sera-t-il réintroduit ? Si oui, à quel âge ? Le Président élu renoncera-t-il à supprimer les régimes spéciaux de la SNCF et RATP ou risquera-t-il un clash social ?


L’avenir nous le dira mais la réforme des retraites sera probablement l’un des premiers et plus gros dossiers à gérer pour le prochain quinquennat.


Guillaume Nedelec




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