Retour de conf : "Evolution du droit pénal et conflits sociaux : quels enjeux ?"

Date de la conférence : Jeudi 30 janvier

Intervenant : Charles Consigny

Ce Jeudi 30 janvier 2020, la Faculté de Droit de Lille accueillait maitre Consigny, avocat au Barreau de Paris. Organisée par l’association Cultura Juris et le C3RD, cette conférence visait à faire l’état des lieux de l’évolution et des enjeux de la mise en œuvre du droit pénal français.


Chroniqueur, écrivain et journaliste, Charles Consigny est notamment connu pour avoir participé à l’émission de débat « On n’est pas couché » sur France 2 sur la saison 2018-2019 aux côtés de Christine Angot. Avant cela, il commentait l’actualité à travers des articles écrits pour le site internet du journal Le Point. Jeune avocat, il prête serment en novembre 2018 au Barreau de Paris. Il est aujourd'hui l’auteur de trois ouvrages : Le Soleil, l’herbe et une vie à gagner (2011), L’Age tendre (2014), Je m’évade, je m’explique (2017).


Après avoir présenté son parcours scolaire, le jeune juriste s’est exprimé sur sa vision du métier de pénaliste. Selon lui, la marge de manœuvre des avocats s’est considérablement réduite ces dernières années. Il est revenu sur les obligations éthiques et morales dont doivent faire preuve les avocats, les interventions intrusives des médias et de l’opinion publique dans les affaires traitées, l’évolution du rapport de confiance entre clients et avocat et l’impact des réseaux sociaux et des médias qui poussent à redéfinir notre rapport à la justice.


Le métier de pénaliste fait l’objet de nombreux questionnements d’ordre éthiques et déontologiques. Toute cause est-elle défendable par un avocat ? A quelles limites morales peut-il être confronté dans la défense d’un prévenu ? Doit-il s’en imposer ? Quelle place occupent ces principes déontologiques dans l’exercice de son métier ?


Selon C. Consigny, la mission principale de l’avocat est de défendre son client peu importe la raison pour laquelle il a fait appel à lui. La question fondamentale à laquelle tout avocat doit essayer de répondre est la suivante : « existe-t-il suffisamment d’éléments à ma connaissance pour condamner quelqu’un pour le fait qu’on lui reproche ? ». Toute personne a le droit d’être défendue, comme le rappelle l’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Bien que ce soit rarement le cas, un avocat peut refuser un dossier par l’utilisation de la clause de conscience. Ce dernier est généralement peu amené à le faire dans la mesure où un cas ambigu à défendre sur le plan moral sera davantage stimulant sur le plan professionnel.


Maitre Consigny a ensuite commenté les évènements récents de l’actualité judiciaire : du procès de Patrick Balkany en passant par le vote en avril 2019 de la loi anticasseur, l’affaire Mila et le rôle et les limites de la justice dans l’affaire des gilets-jaunes et des violences policières.


Interrogé sur l’état de la justice aujourd’hui, il répond que cette dernière n’est ni laxiste ni trop sévère, bien qu’elle se retrouve parfois dépassée par la recrudescence des délits, les cas de multirécidivisme… Une justice à deux vitesses semblerait être également toujours présente : les exemples de l’affaire des emplois-fictifs avec M. Fillon et les cas de violences policières auprès des gilets jaunes illustrent cette inégalité dans la rapidité de la procédure.


Passionné autant par son métier d’avocat que par sa participation au débat public, Charles Consigny ne rejette pas l’idée d’évoluer et de s’impliquer dans la politique dans le futur. Là où certains voient un paradoxe dans l’exercice de ces deux activités, pour C. Consigny, l’avocat doit être autant dans les tribunaux que dans la cité. « Il ne faut pas être un planqué. Lorsqu’il y a des abus, il faut s’engager, aller au combat et dénoncer. C’est en cela que nous ferons vivre la démocratie ». C’est sur ces mots illustrant sa vision du métier d’avocat que s’est achevée cette conférence.


Manon EMPTAZ

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