Retour de conf : "La politique face à l'urgence climatique"

Date de la conférence : Jeudi 23 janvier

Intervenants : Julien Bayou, Sarah Revel, Jean-François Julliard, Olivier Aballain


Étudiants espoliens et engagés au sein de l’association à visée environnementale « Le Caribou », Bianca, Thomas, tous deux étudiants de première année, et moi-même, Joséphine, étudiante de troisième année, avons assisté à une conférence intitulée « La politique face à l’urgence climatique » jeudi dernier.

Cette conférence, gratuite, ouverte à tous et organisée par l’association APEL, accueillait des invités de marque à l’Université de Lille.

En effet, ce sont quatre personnalités engagées dans le domaine environnemental qui faisaient face aux curieux étudiants venus les écouter. Julien Bayou d’abord, Secrétaire national Europe Écologie Les Verts depuis novembre 2019, avait à ses côtés Sarah Revel, lycéenne représentant Youth for Climate, elle-même assise aux côtés de Jean-François Julliard, Directeur Général de Greenpeace France, à côté duquel siégeait Olivier Aballain, journaliste scientifique.


C’est au fil de questions préparées et posées par des étudiants de l’Université de Lille que nous avons pu entendre s’exprimer les invités. Les questions étaient variées et portaient sur des thèmes tels que le climat scepticisme, la politique de transition écologique d’Emmanuel Macron, la désobéissance civile ou encore, la Convention citoyenne sur le climat.


Ces questions ont permis aux intervenants d’exprimer leurs points de vue. Loin de débattre entre eux, ils étaient bien souvent d’accord les uns avec les autres et n’hésitaient pas à compléter les propos de leur voisin. Par exemple, à la question portant sur le pragmatisme de la démocratie face aux questions écologiques, Mr. Bayou nous rappelait que « L’écologie c’est prendre en compte l’intérêt du plus grand monde et des plus vulnérables » et Mr. Julliard, en ce sens, soulignait que « La réponse écologique ne passera que par le modèle démocratique » bien qu’il ait émis le souhait de revoir la démocratie de façon à ce que de vrais débats et discussions soient mis en place. À cela, Mr. Aballain a ajouté que nous pouvions également prendre la question dans l’autre sens, en se demandant si la problématique écologique pouvait refonder la démocratie car, dit-il, c’est un « sujet qui fédère au-delà des orientations gauche/droite ».


Le sujet des municipales a également été abordé à travers une question portant sur leurs attentes pour ces élections qui se dérouleront en mars prochain.

Sans surprise, ce sont Mr Julliard et Mr Bayou qui se sont respectivement exprimés à ce sujet. Le premier nous a donc fait part de ses deux demandes principales : l’une étant l’instauration d’un menu végétarien par semaine dans les cantines scolaires, l’autre portant sur la pollution de l’air avec le développement de « zones à faibles émissions » dans les villes, laquelle ne pourra aboutir que par la réduction du trafic routier, et l’augmentation des déplacements dits « doux » comme la marche et le vélo. Le tout, a-t-il ajouté avant de terminer, étant à la portée des futurs maires puisque ces actions sont réalisées à l’échelle locale.

Le second a émis un vœu allant dans le même sens, il souhaite « désavantager la voiture pour que les piétons, vélos et autres se réapproprient l’espace », cela permettrait alors « d’améliorer la qualité de l’air, réduire le bruit ». Et sur le ton de l’humour, il a fini par dire que voter pour Europe Écologie les Verts revenait à voter « deux fois » : « une fois pour mettre les écolos au pouvoir et une deuxième fois pour pousser les autres à agir ».


Enfin, à l’une des dernières questions « comment faire entrer la transition écologique dans l’univers du commun ? » , Sarah Revel s’est exprimée avec beaucoup d’engouement. Elle nous a rappelé les actions simples, que nous faisons parfois sans nous en rendre compte, mais qui sont des actions durables parmi lesquelles « aller au marché, le troc, les friperies » bien que, nous a-t-elle dit, ces solutions « ne sont pas assez mises en avant ». En plus de cela, elle a proposé de développer et de mieux repenser les trajets en transports en commun, solution que Julien Bayou a approuvée avant de nous donner sa vision des choses. Pour lui, une condition de l’acceptation sociale de la politique de transition écologique serait de rendre aux plus vulnérables la taxe carbone. Il ajoute que la population a besoin de trouver un intérêt dans l’engager pour la transition. Pour l’achat de produits biologiques par exemple, il faudrait que ceux-ci soient moins coûteux, ce qui passe notamment par l’augmentation des subventions données à cette version de l’agriculture respectueuse de l’environnement et la baisse de celles octroyées à l’agriculture conventionnelle. D’après Julien Bayou, la transition écologique passe aussi par la rénovation thermique, laquelle nous permet de faire des économies qu’il appelle « le treizième mois écologique ». Son idée Puisque les intérieurs sont moins chauffés, des économies sont ainsi réalisées, lesquelles équivalent à un treizième mois de salaire.


Ludique et participative, cette conférence nous a permis de mieux cerner les enjeux de la transition écologique ainsi que tout le rôle qu’a à jouer la politique pour la mener à bien dans un contexte d’urgence climatique.

Et c’est dans cet état d’esprit que nous avons quitté la conférence, plus motivés que jamais à vous permettre, chers lecteurs, d’en apprendre davantage sur ces thèmes qui à bien des égards, doivent être abordés, discutés et questionnés, pour l’avenir de la planète.


Le Caribou vous réserve encore de nombreux projets… !


Joséphine Lepointe

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