Stephen King, un cinéma à la merci du maître de l’horreur ?


Les adaptations littéraires sont connues pour être une valeur sûre du cinéma. Avec près de 20% d’adaptations qui représentent 33% des blockbusters en 2018, le septième art semble avoir un lien complice avec la littérature. Parmi les grandes figures littéraires présentes au cinéma, Stephen King est sûrement l’une des inspirations les plus courantes des réalisateurs. Que ce soit par leur univers fantastique ou leur atmosphère glaçante voire parfois horrifique, ses romans sont une source de production infinie pour les cinéastes prêts à s’aventurer dans le monde du maître de l’horreur. Après de multiples adaptations dans les années 1980, l’univers de King est de nouveau mis sur le devant de la scène, notamment avec Ça (sorti en 2017) et plus récemment avec Docteur Sleep (en ce moment au cinéma) qui se présente comme la suite du très célèbre Shining


Stephen King est reconnaissable par son univers mystérieux et ses histoires se déroulant toujours dans le Maine, État où il a grandi. Au début de sa carrière, les adaptations cinématographiques de ses œuvres rencontrent un franc succès. C’est notamment le cas de Carrie au bal du diable, sorti en 1976 et réalisé par Brian de Palma, qui est tiré de son premier roman. Cette histoire, celle d’une adolescente devenue souffre-douleur de ses camarades et qui se découvre des pouvoirs de télékinésie, séduira les salles américaines et propulsera l’écrivain au sommet : ce ne sont pas moins de dix-sept films qui sortiront entre 1980 et 1990. On y retrouve notamment certains classiques de films d’horreur comme Shining (1980), Simetierre (1989) et Misery (1990). Par la suite naît un réel engouement pour l’auteur : ses œuvres ne cessent d’être adaptées pendant des décennies, dépassant même le cadre du cinéma. On constate en effet l’apparition de bande dessinées, de pièces de théâtres, de comédies musicales… Plus récemment, sont également produites des séries (comme Under the Dome ou encore 22/11/63) ou bien des films disponibles sur les nouvelles plateformes de visionnage tels que 1922, Jessie ou In the Tall Grass. 


Cependant, toutes ces adaptations ne rencontrent pas le même accueil de la part du grand public. En effet, le cinéma a parfois connu de grands échecs nuisant à l’image de l’écrivain maintenant devenu une marque de fabrique du cinéma américain. C’est notamment le cas de La Part des Ténèbres (1993) qui fut un réel échec commercial (rapportant seulement aux alentours de dix millions pour un coût de quinze millions). Il semblerait que cette histoire d’un personnage de roman, tueur en série, qui prend vie après que son écrivain l’ait tué dans ses livres n’a vraisemblablement pas fasciné le public américain. D’autres échecs restent à déplorer : on trouve parmi ceux-ci des films tels que Carrie, la vengeance (2013) ou encore Ça 2 (2018) qui décevront leurs critiques et leur nombre d’entrées qu’ils auront engrangées. L’absence du public démontre un certain essoufflement de "l’univers King" qui s’apparente parfois à une mode, qui part et qui revient au cours des différentes décennies. À y regarder de plus près, Stephen King n’attire peut-être pas autant les spectateurs qu’on semble le penser.


Cela n’empêche pas les réalisateurs de continuer à démontrer un réel attrait pour l’adaptation de ses romans, et ce malgré une certaine réticence de l’écrivain. En effet, King est d'avantage attaché à l'authenticité de ses oeuvres qu'à leur potentiel succès cinématographique. Ainsi, bon nombre d’entre elles ne seront pas appuyées par le romancier, qui tend à dénigrer les adaptations peu fidèles aux oeuvres originales.


La marque Stephen King semble aux premiers abords être un gage d’enthousiasme de la part des réalisateurs. Néanmoins, les chiffres ont montré que seule une minorité des œuvres adaptées captive le public et se hisse au sommet des productions cinématographiques, remettant en question la réelle domination du maître de l’horreur.


Samantha Frary-Aubert

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