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Dimanche 4 novembre, 174 574 électeurs seront appelés à se prononcer sur le futur de la Nouvelle Calédonie. Ils devront se positionner sur la question suivante : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Ce référendum est l’aboutissement d’un long processus de réconciliation entre la Nouvelle Calédonie et la métropole après les tensions de la fin des années 1980. Quelles sont les origines de ce référendum ? Comment va-t-il se dérouler ? Quels en sont les enjeux ? Explications.

Les « évènements » de Nouvelle Calédonie

Territoire français depuis 1853, la Nouvelle Calédonie connait des relations compliquées avec la métropole. En 1878 et 1917 déjà, deux révoltes secouent l’île et opposent les « caldoches » c’est-à-dire les colons français, aux Kanaks, population locale. A partir de 1968 l’émergence d’aspirations indépendantistes tend davantage les relations entre les deux populations. Un climat de violence s’installe au cours du temps entre indépendantistes, loyalistes et force de l’ordre. Entre 1984 et 1988 quatre-vingts morts sont à déplorer.

La prise d’otage d’Ouvéa, le 22 avril 1988, marque l’apogée du conflit. Vingt-deux gendarmes et un magistrat sont retenus dans la grotte de Gossanah au nord de l’île par des militants indépendantistes. Treize jours plus tard, le Premier Ministre Jacques Chirac lance l’ « Opération Victor » pour libérer les otages. L’assaut se transforme en bain de sang, dix-neuf indépendantistes sont tués ainsi que deux militaires. Il semble même que certains preneurs d’otages aient été tués après leur arrestation. Les deux camps sont choqués, meurtris. Cet ensemble d’évènements va bouleverser l’île, mettant fin aux « évènements » de Nouvelle Calédonie.

L’apaisement des tensions

En juin 1988, les accords de Matignon-Oudinot viennent signifier la fin d’une période de troubles. Orchestrés par Michel Rocard, ils sont signés par Jean-Marie Tjibaou, secrétaire général du FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) et Jacques Lafleur, leader du RPCR (anti-indépendantiste). Ces accords modifient le statut juridique de la Nouvelle Calédonie. Ils lui accordent un statut provisoire jusqu’à l’organisation d’un référendum d’autodétermination, prévu dans un délai de dix ans. Malgré l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou en 1989 par un extrémiste kanak, le processus de paix est enclenché.

Au terme de dix ans de négociation, l’accord de Nouméa de mai 1998 octroie un statut spécifique à la Nouvelle Calédonie. L’île devient une collectivité territoriale « sui generis » (unique en son genre). L’Etat Français transfert à la Nouvelle Calédonie toutes les compétences non régaliennes. Le « Caillou »jouit par conséquent d’une grande autonomie. Une citoyenneté Néo-Calédonienne spécifique est également créée. Toutefois, le référendum initialement prévu par les accords de Matignon est reporté.

Un référendum attendu

C’est en mars dernier que le Congrès de Nouvelle Calédonie a fixé au 4 novembre 2018 la tenue du référendum d’autodétermination. La question référendaire a quant à elle été définie par le Premier Ministre Edouard Philippe. Quelles seront les modalités du vote ? « Oui » et « Non » seront les seules réponses acceptées dimanche. De plus, seuls les calédoniens présents sur l’île depuis 1994 pourront voter.

Les derniers sondages prévoient la victoire du « non ». Début octobre, l’Institut Harris Interactive annonçait qu’environ 66% des votants se dirigeraient vers le « non » contre seulement 34% pour le « oui ».

Que va-t-il se passer à l’issue du référendum ? Si le « oui » l’emporte la Nouvelle Calédonie deviendra un Etat souverain pleinement indépendant. L’île récupèrera les compétences régaliennes aujourd’hui détenues par la France. Une nationalité néo-calédonienne sera également créée. Au contraire, si le « non » est majoritaire la Nouvelle Calédonie restera française. L’accord de Nouméa prévoit néanmoins la possibilité d’organiser deux autres référendums d’autodétermination, dans deux et quatre ans, à la demande du tiers des membres du Congrès calédonien.

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