Trump et la réforme de l'incarcération

Au lendemain des midterms aux États-Unis, les nouvelles majorités à la Chambre des représentants et au Sénat changent la donne quant aux politiques menées à travers le pays. Dans un État où le camp démocrate et républicain se divise de manière croissante, notamment sur des questions sociales telles que l'assurance maladie, l'immigration ou encore le développement durable, la nouvelle composition du Congrès aura pour défi d'aboutir à une politique commune qui permettra au pays de réformer. C’est dans cet esprit que Donald Trump, chef de l'administration américaine, a posé une des premières pierres à l'édifice en mettant le sujet des prisons sur la table des débats. Le Président américain est réputé pour ses prises de positions drastiques à ce propos. Un de ses projets de campagne est de maintenir active la prison de Guantanamo. Sous son égide, les violences policières ont fait couler beaucoup d'encre notamment sur les réseaux sociaux où certaines vidéos de policiers de couleur blanche agissent violemment sur des civils de couleur noire. Sa volonté de permettre à chaque citoyen américain de posséder une arme à feu a également fait jaser à travers le pays. Ainsi, en évoquant les prisons, Trump prend un risque au vu de l'étiquette qui le suit depuis son arrivée à la Maison Blanche.

C'est une réforme pénale qui siègeau sein de l'actualité américaine ces derniers jours. Donald Trump et certaines personnalités du Parlement voudraient voter un projet de loi visant à assouplir le système des peines de prison. Ce projet de loi apparaît dans la foulée des midterms puisque le chef d'État américain, conscient de la faible popularité d'une telle loi chez les conservateurs, savait qu'elle lui aurait couté des voix lors des élections. Toutefois, le problème des prisons devient urgent. Depuis 1970, le nombre de détenus a doublé. Aujourd'hui, plus de 2 millions de personnes sont enfermées dans les cellules américaines formant un taux d'incarcération de 716 sur 100 000. La surpopulation carcérale est donc un enjeu conséquent.

D'autant plus que le budget annuel placé dans les prisons s'élève à 80 milliards de dollars. Si l'on inclut les frais de justice et de police, ce chiffre s'élève à 262 milliards de dollars. Ainsi le projet de loi vise à réduire la population des prisons. Dans une première version dite "First Step Act", il était proposé une amélioration notable des infrastructures ainsi qu'une augmentation sensible des conditions de vie des détenus au sein de ces infrastructures. Jugée "naïve" par le Sénat, ce dernier a apporté quelques modifications au projet. Dans une nouvelle version, les critères se dirigent alors vers la réduction des peines de prisons, la prise en compte plus conséquente de la présence ou non d'une arme à feu lors du crime et la réduction de la population carcérale.

De plus, l'administration américaine veut revoir la procédure des peines planchers obligatoires. Un des objectifs est de mettre un terme à la loi "des trois coups". Une loi issue d'un texte signé par le Président Bill Clinton en 1994 qui a permis et permet encore aujourd'hui de prononcer des peines de prison à vie pour des individus ayant commis un troisième crime ou délit. Aucune précision n'est ajoutée sur la gravité du crime.

Suite à cela, une forme de consensus a été trouvée. Au niveau des États fédérés, ils ne sont pas moins de trente à avoir commencé à réfléchir à une réforme. Le projet de loi a rencontré de nombreux soutiens. Des mouvements et des personnalités telles que l'Ordre fraternel des policiers, l'Union américaine pour les libertés civiles, les milliardaires conservateurs Charles et David Koch ou encore la star de télé-réalité Kim Kardashian.

Malgré cela, le consensus se situe actuellement au niveau des États fédérés et non de l'État fédéral. Vendredi 16 novembre s'est ajoutée une conversation entre Donald Trump et le sénateur McConnell. Ce dernier s'est entretenu avec le Président américain pour l'informer que le Congrès n'avait physiquement pas le temps nécessaire pour faire passer la loi cette année. Au Sénat, le projet de loi engagerait dix jours. Dix jours non disponibles dans le calendrier des employés du Congrès.

Le projet de loi visant à réformer la tenue des prisons et de la population carcérale devrait donc être mis de côté. Malgré une volonté commune des camps démocrates et républicains, le traitement de ce sujet devrait être reporté. Celui-ci étant intimement lié aux questions de la possession d'armes à feu par des civils et des violences policières, notamment vis-à-vis des populations afro-américaines. Des questions jouant un rôle majeur dans la division actuelle entre les américains.

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