Vert et inutile, l'énigme d'un écologisme végétant

y peu de causes politiques qui pourraient sembler concerner tous les français aujourd’hui. Les débats autour de l’emploi, de l’Europe, de la PMA ont chacun leur importance, mais affectent directement des publics différents. La seule cause qui affecte tous les français et tous les Hommes en fait, est la préservation de notre environnement physique.

Au-delà du débat qui anime toujours la sphère scientifique – si le réchauffement climatique est lié à nos actions, et s’il est remédiable – il y a un terreau politique extrêmement fertile sur les questions d’OGM, de pollution et d’énergies renouvelables. Mais le constat est simple : aucun parti écologiste n’arrive à s’enraciner durablement dans le champ gouvernemental français.

Il est vrai que le mouvement vert n’a jamais germé politiquement. Depuis sa première apparition partisane aux élections de 1974, il n’a jamais dépassé les 5,2%. Il n’a même jamais été une troisième force crédible, aujourd’hui éclipsé par l’utilitarisme macronien et un nationalisme florissant.

L’idéologie verte souffre d’un handicap énorme face à ses adversaire politiques : comme l’a constaté Jill Stein aux Etats-Unis, fonder une doctrine politique sur une base écologiste est extrêmement difficile. Elle ne pourra jamais être comparable aux monolithes que sont le libéralisme, le socialisme, le nationalisme. On ne peut pas construire une politique économique, diplomatique, sanitaire uniquement sur les bases de la préservation environnementale.

Et c’est ce que les membres des partis écologistes ont remarqué. Ils ont fusionné leurs revendications en termes de préservation de la nature avec des philosophies plus importantes. Mais cet hybride, en France du moins, a toujours été à gauche.

L’écologisme n’est pas un humanisme. Être écologiste n’est pas être socialiste. Si les verts veulent sortir de la brousse, ils doivent transcender le paysage politique pour trouver une valeur nationale. Ils doivent abandonner leurs revendications sociales, et savoir parler à tous les français.

Il faut un écologisme de droite.

Et non, ‘Chasse et pêche’ n’est pas une référence politique.

La droite ne parle pas d’écologie parce que l’écologie ne lui parle pas. Les mouvements vers n’ont de cesse que de proposer des programmes, en se posant contre les traditionnalistes, au lieu de négocier avec eux, voire d’embrasser certaines de leurs revendications plausibles. Et ce, malgré le fait que c’est la droite qui historiquement a introduit l’écologie à Matignon et à l’assemblée : le premier ministère de l’environnement en 1977, la charte environnement de 2004.

Les écologistes ne doivent plus être un mouvement, mais un parti ou au moins une idée capable de négocier. Il ne faut plus qu’il y ait ces militants écologistes, prêts à tout à tout prix, mais une pulsion politique plus modérée et raisonnée. Tant que la lutte reste dans les rues de Paris, et non dans les couloirs de l’Assemblée, elle est perdue d’avance.

Sans victoire électorale, il n’y aura pas de transition écologique. Les verts ne gagneront jamais seuls : ils doivent donc faire un tri idéologique, et se séparer de leurs doctrines les plus handicapantes.

La question se pose désormais aux écologistes eux-mêmes : sont-ils prêts à regagner en crédibilité politique, et avoir une action réelle là où elle importe ? Ou veulent-ils rester des visages postiches à la tête d’un ministère négligé ?

L’écologisme doit savoir dépasser le rôle accessoire qu’il occupe. Au risque de se salir les mains, il doit pouvoir y avoir un vert, capable de parler aussi bien aux lobbyistes des multinationales, qu’aux Zadistes et aux agriculteurs.

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