Vivre est une impossibilité collective


Retour sur Climax, le nouveau film de Gaspar Noé

3 ans après Love, Gaspar Noé est de retour avec un film particulièrement bien reçu au festival de Sitges, festival catalan dédié au cinéma fantastique. Toujours plus original et expérimental, le cinéma de Noé crée avec Climax un degré de tension et d’euphorie rarement atteint.

Un groupe de danseurs, une fête, des désirs, des tensions et surtout, de la sangria. Voilà autour de quoi tourne Climax. Que ce soit sur le fond ou sur la forme, il est assez difficile de regarder ce film sans avoir à un moment l’envie de quitter son ambiance et tout ce qu’il s’y passe. Cependant, il est tout aussi compliqué de détacher le regard de cet étrange spectacle.

Dans ce film, Gaspar Noé réalise un coup de maître. Tout ce qui en ressort a pour volonté d’atteindre le spectateur et de l’enfermer dans cet état second. Pour réussir cela, il insiste énormément sur la musique. Du début à la fin, la musique est omniprésente. Souvent assourdissante elle devient parfois agressive et irritante mais colle toujours avec les images et les mouvements de caméra. De nombreux effets liés à la substance présente dans la sangria se produisent par le prisme de ces mouvements de caméra. Les plans séquences, tant appréciés de Gaspar Noé, suivent au début du film un trajet normal. On slalom entre les différentes personnes présentes en suivant l’un d’entre eux. Ce dernier propose un verre ça et là aux filles qu’il croise jusqu’à arriver à celle qu’il désire le plus. Dans ces plans tout est normal. Mais en avançant dans le film, là où les effets de la drogue sont bien présents, la caméra se déplace avec incertitude, se retourne : on se retrouve face à des plans complètement à l’envers. Aucun autre effet n’est ajouté mais pourtant, d’étranges sensations se créent à la vue de tant de mouvement, tant de musique et de lumière, qu’elle soit rouge et chaude dans la salle principale, ou froide et bleue virant au vert dans les chambres où se déroulent les séquences les plus violentes.

Climax est une expérience. Aller le voir n’est pas un simple divertissement au cours duquel on peut se vider l’esprit. On ne ressort pas de la séance indemne, ce qui est réellement précieux dans le cinéma. Le voir en salle doit réellement changer la donne. En plus d’être enfermé dans une ambiance, on l’est également dans une pièce sombre. Il est donc impératif pour tous curieux souhaitant découvrir l’univers de Noé de courir voir cette oeuvre, mais aussi pour les plus avertis et les plus sceptiques, afin de se forger une opinion à ce sujet.

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